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Manifestation à Paris contre les violences policières, 2 interpellations
information fournie par Reuters 08/07/2023 à 21:12

(Actualisé avec précisions)

par Juliette Jabkhiro et Tassilo Hummel

PARIS, 8 juillet (Reuters) -

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Paris contre les violences policières malgré une interdiction de la préfecture, une dizaine de jours après la mort d'un jeune tué par un tir de policier qui a déclenché une vague de violences en France.

La police a dispersé la foule qui s'était réunie place de la République à l'appel d'Assa Traoré en hommage à son frère Adama, évacuant plusieurs centaines de personnes vers le boulevard Magenta, où elles ont ensuite défilé pacifiquement.

Aucun incident majeur n'a été signalé, mais deux personnes ont été interpellées, dont Youssouf Traoré, frère d'Assa, selon plusieurs médias et responsables politiques et syndicaux.

"Deux interpellations ont été effectuées au moment de la dispersion, pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, commises place de la République", a dit la préfecture de police de Paris sur Twitter.

Selon le Comité Adama, Youssouf Traoré a été hospitalisé après son interpellation.

La préfecture avait auparavant interdit la manifestation en raison de "risques de troubles à l'ordre public" et "dans un contexte tendu qui a vu plusieurs foyers de violences urbaines en Île-de-France et singulièrement à Paris", selon l'arrêté pris par le préfet.

Une procédure judiciaire a été engagée contre l'organisatrice pour "délit d'organistion d'une manifestation non déclarée", a ajouté la préfecture.

Le rassemblement, environ sept ans après la mort d'Adama Traoré, décédé lors de son interpellation en 2016, s'est finalement tenu à l'appel de sa soeur, Assa Traoré, en présence notamment d'élus de La France insoumise (LFI).

Une marche commémorative à Persan et Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) - à laquelle Assa Traoré devait participer - avait été auparavant elle aussi interdite en raison du "contexte des émeutes" qui ont suivi la mort de Nahel, 17 ans, survenu le 27 juin, lors d'un contrôle routier à Nanterre (Hauts-de-Seine).

"Je pense que le droit de s'exprimer est encore présent, mais c'est surtout le droit de manifester aujourd'hui qui est compliqué", a déclaré Félix Bouvarel, un agent de santé venu au rassemblement malgré l'interdiction, qu'il a qualifiée de "choquante".

Les autorités ont également interdit samedi une manifestation à Lille, tandis qu'une marche à Marseille a eu lieu mais avec un parcours modifié, afin d'éviter le centre-ville.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré cette semaine que plus de 3.000 personnes, pour la plupart des adolescents, avaient été arrêtées au cours de six nuits d'émeutes qui ont fait suite à la mort de Nahel. Quelque 2.500 bâtiments ont été endommagés.

Le ministère des Affaires étrangères a rejeté samedi les accusations de racisme généralisé au sein de la police, au lendemain d'un appel du Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) à s'attaquer en France aux "causes structurelles et systémiques de la discrimination raciale, y compris dans les forces de l'ordre".

"Toute accusation de racisme ou de discrimination systémique par les forces de l'ordre en France est infondée", a déclaré le Quai d'Orsay.

(Version française Benjamin Mallet, avec Gilles Guillaume)

6 commentaires

  • 09 juillet 11:01

    Les gouvernement successifs Français n ont jamais eu de colonne vertébrale .


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