Vue générale d'une école endommagée par des combats à Kidal, le 9 mai 2026 ( AFP / - )
L'armée malienne, appuyée par les paramilitaires russes de Africa Corps, a repris mardi le contrôle de la ville stratégique de Kidal, désertée par les rebelles touareg qui ont effectué "un repli stratégique".
Cette reprise de Kidal, bastion de la rébellion, représente une victoire pour l'armée malienne, qui en avait été chassée en avril par le Front de libération de l'Azawad (FLA) et ses alliés jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Cette perte de Kidal avait à l'époque constitué un véritable camouflet pour les forces armées maliennes, survenue lors d'attaques d'ampleur et coordonnées contre des positions de la junte et de l'armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako.
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes, de leurs alliés du FLA et de groupes criminels communautaires. Mais le pays est plongé dans une situation sécuritaire encore plus critique depuis fin avril 2026 et le lancement de ces attaques coordonnées à travers le pays par le JNIM et le FLA.
Depuis les coups d'État de 2020 puis 2021, le Mali est dirigé par une junte qui s'est rapprochée de la Russie et dont les paramilitaires du groupe Africa Corps l'aident dans sa lutte antijihadiste.
"Repli maîtrisé"
Mardi, l'armée malienne avait annoncé avoir lancé des "opérations aéroterrestres d'envergure" dans la région de Kidal, avec comme objectif notamment "de neutraliser les groupes armés terroristes opérant dans toute la région" et restaurer "la sécurité des populations et la libre circulation des personnes et des biens".
Vue générale d'une école endommagée à Kidal, le 9 mai 2026 ( AFP / - )
Face à cette annonce d'opérations d'ampleur, le FLA a annoncé mardi de son côté opérer un "repli stratégique et maîtrisé de ses forces" de Kidal, pour "préserver des vies humaines".
"Face aux risques croissants pesant sur les rares populations civiles encore présentes dans la ville par l'utilisation disproportionnée de vecteurs aériens par les mercenaires russes de l'Africa Corps et (...) la junte militaire de Bamako, le commandement militaire du FLA décide de procéder à un repli stratégique de la localité de Kidal", a expliqué le FLA dans un communiqué.
Il affirme qu'il "s'agit d'une mesure opérationnelle temporaire, destinée à préserver intactes ses capacités humaines et logistiques".
La reprise de Kidal par l'armée mardi s'est donc déroulée sans combats.
"Nous venons d'arriver à Kidal plus tôt que prévu", a ainsi déclaré un officier de l'état-major.
Un autre officier de l'armée a indiqué à l'AFP que le "convoi parti de (la ville d') Anefis ce matin est entré à Kidal peu avant 13 heures" (locales et GMT).
"Nous n'avons rencontré aucune résistance. Nous avons fait le travail en amont en bombardant les positions de l'ennemi et desserré progressivement son emprise. Nous sommes sur place", a ajouté cette source.
Selon plusieurs sources contactées par l'AFP, la ville de Kidal est actuellement largement vidée de ses habitants.
Un chef de famille, ayant quitté Kidal lundi avec ses proches, a confirmé mardi à l'AFP que Kidal était désertée: "Il n'y a plus un chat" dans la ville.
Cette annonce de reprise de Kidal intervient après une série de revers pour l'armée malienne, notamment la mort de 100 militaires, tués le 10 septembre lors d'une attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura (centre).

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