Le président français Emmanuel Macron se rend en Espagne
Emmanuel Macron a appelé mercredi le Rassemblement national, sans jamais le nommer, à "clarifier" sa ligne à la suite des accusations d'antisémitisme visant le président du RN, Jordan Bardella.
"La lutte contre l'antisémitisme est une des priorités de la République, je l'ai constamment rappelé, parce qu'elle est existentielle à la République elle-même. Et donc jamais nous n'accepterons de propos antisémites, jamais", a déclaré le président français en réponse à une question sur cette controverse politique lors d'une conférence de presse commune à Madrid avec le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.
"Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables et ils ne souffrent pas quelque commentaire que ce soit, ils appellent à la condamnation la plus extrême, car ça n'est pas la République", a réagi le chef de l'Etat.
"Ils impliquent que les responsables clarifient. C'est le rôle des responsables politiques, qu'ils clarifient la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer telles choses", a souligné Emmanuel Macron, sans jamais citer Jordan Bardella.
Le président du RN, âgé de 31 ans, a démenti lundi un article du site d'investigation Mediapart l'accusant d'avoir tenu des propos antisémites dans des messages privés datant de plus d'une dizaine d'années, qualifiant ces allégations de "faux grossiers" et dénonçant une tentative de "déstabilisation".
Dans son article publié en ligne, Mediapart dit avoir examiné des dizaines de messages privés datant de datant de 2013 à 2015 – correspondant aux premières années de Jordan Bardella au Front national, futur RN – aux accents antisémites et conspirationnistes.
Mediapart cite notamment un message attribué à l'actuel président du RN disant que "toutes les banques appartiennent à des juifs".
Ces écrits présumés rompent avec la stratégie de "dédiabolisation" engagée de longue date par Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle de 2027, pour mettre fin aux excès du parti cofondé par son père Jean-Marie Le Pen, décédé en janvier 2025, qui fut condamné pour racisme et antisémitisme.
(Benjamin Mallet et Sophie Louet)

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