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Lyhanna: ses obsèques vendredi, "la confiance dans nos institutions" en question, selon Macron
information fournie par AFP 10/06/2026 à 18:36

Le président Emmanuel Macron le 3 juin 2026 à l'Elysée à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le président Emmanuel Macron le 3 juin 2026 à l'Elysée à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Face à un pays sidéré par la mort de la petite Lyhanna, 11 ans, dont les obsèques auront lieu vendredi dans l'intimité, Emmanuel Macron a reconnu mercredi que la question de "la confiance dans nos institutions" était posée, tout en mettant en garde contre toute "démagogie" et "précipitation" à légiférer.

Dans le Gers, les obsèques de la petite fille doivent se dérouler vendredi à 14h30 "dans la plus stricte intimité", selon l'avocat de la famille, et l'association des maires du département a proposé à cette heure-là un moment de recueillement devant les mairies, avec drapeaux mis en berne.

Le principal suspect dans la mort de la collégienne dont le corps a été retrouvé jeudi dernier dans le Gers n'avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs.

"Il est évident qu'il y a eu des dysfonctionnements manifestes. Il faut comprendre désormais ce qui relève des responsabilités individuelles et des dysfonctionnements systémiques", a déclaré le chef de l'État lors du Conseil des ministres, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"C'est la confiance en nos institutions qui derrière est également posée", a ajouté le président de la République alors que des milliers de personnes ont manifesté leur colère ces derniers jours un peu partout en France.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin (d) et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 10 juin 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin (d) et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 10 juin 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin et son collègue à l'Intérieur Laurent Nuñez ont lancé une enquête administrative confiée aux Inspections générales de la gendarmerie et de la justice, qui doit rendre ses conclusions le 19 juin.

Soucieux d'éviter toute "démagogie" et toute "précipitation", Emmanuel Macron a appelé à attendre ses conclusions pour agir "avec méthode" et "renforcer tout ce qui doit l'être".

Quelques jours plus tôt, le chef de l'Etat avait réfuté tout manque de moyens au sein de l'institution judiciaire, qui a bénéficié de budgets en hausse sous ses deux quinquennats.

Une réalité qui n'a pas suffi à compenser les besoins, selon l'avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée. "Les moyens qu'on accorde à la justice et à leur efficacité, oui, monsieur le président, c'est le vrai cœur du problème", a-t-il déclaré mardi.

Mercredi au Sénat, le Premier ministre a reconnu un problème de "moyens" dans l'institution judiciaire mais pas dans cette affaire.

Inflation législative

L'immense émotion et la colère suscitées par la mort de Lyhanna alimentent une crise majeure pour l'exécutif, qui cherche à proposer des solutions, en particulier en promettant de nouvelles mesures législatives et réglementaires.

Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan où Jérôme B., le suspect du meurtre présumé de la collégienne Lyhanna, est détenu à l'isolement, le 10 juin 2026 dans les Landes ( AFP / Philippe LOPEZ )

Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan où Jérôme B., le suspect du meurtre présumé de la collégienne Lyhanna, est détenu à l'isolement, le 10 juin 2026 dans les Landes ( AFP / Philippe LOPEZ )

Mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration, Jérôme B. doit être présenté à nouveau devant le juge d'instruction en charge du dossier au tribunal judiciaire d'Agen. Une requalification pour meurtre est attendue.

Le procureur d'Agen Olivier Naboulet doit aussi communiquer les résultats de l'autopsie sur les causes de la mort, et d'éventuelles traces d'agression sexuelle.

Dans une autre procédure, le magistrat a annoncé mercredi que le frère de Jérôme B., prénommé Yannick, avait été mis en examen dans le cadre de deux enquêtes pour viol sur des anciennes compagnes.

Par ailleurs, le père du principal suspect du meurtre de Lyhanna, avait été visé par une plainte pour viol d'une de ses petites-filles en 2013, qui a fait l'objet d'un non-lieu en 2021, a indiqué mercredi le parquet général de Montpellier, confirmant une information de RTL.

Parallèlement aux investigations sur Jérome B., gouvernement et parlement rivalisent de propositions.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 10 juin 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 10 juin 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

"La nation a besoin que nous fassions cela avec émotion, le cœur est chaud, mais avec du sang-froid, parce que nous statuons en droit", a insisté Sébastien Lecornu devant le Sénat.

Après avoir proposé la veille de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement, et d'imposer un "délai maximal de trois mois" pour les actes d'enquête concernant les crimes sur enfants, il a ajouté mercredi un décret pour obliger les magistrats à "motiver" le classement sans suite de plaintes pour crimes sexuels sur mineurs.

Ces mesures doivent être intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en conseil des ministres et qui sera examiné au Parlement le 15 juillet.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lors d'une séance à l'Assemblée nationale, le 10 juin 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lors d'une séance à l'Assemblée nationale, le 10 juin 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Dans le même temps, emmenés par la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet, une coalition transpartisane de députés réclame l'inscription à l'ordre du jour d'une proposition de loi globale ("intégrale") sur les violences sexistes et sexuelles, dont la mise en œuvre est chiffrée à 2,7 milliards d'euros.

Au Sénat, une commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice et le pilotage de la politique pénale a été lancée.

3 commentaires

  • 21:12

    La soi-disant indépendance des magistrats est une galéjade, ils oublient apparemment qu'ils ont une autorité au-dessus d'eux. Le "mur des cons" a été le signal le plus évident de la décadence de la justice. Mais ce n'est pas tout: on se demande par ex. si l'école de la magistrature apprend à rédiger une décision.


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