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LMB et Exaion : pourquoi leur vente à des groupes américains inquiète
information fournie par Boursorama avec Media Services 30/01/2026 à 11:42

"On ne brade pas la souveraineté française, surtout en défense, technologies, santé ou agroalimentaire" a déclaré Roland Lescure, ministre de l'Economie. ( AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT )

"On ne brade pas la souveraineté française, surtout en défense, technologies, santé ou agroalimentaire" a déclaré Roland Lescure, ministre de l'Economie. ( AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT )

La vente vers des groupes américains des enreprises françaises LMB Aerospace et Exaion provoque polémiques et réactions au sein de l'exécutif.

Pourquoi la vente de LMB et d’Exaion ne fait pas l'unanimité ?

LMB Aerospace fabrique des systèmes de refroidissement pour, par exemple, les avions de combat Rafale et les sous-marins nucléaires. L'Etat a donné son feu vert à sa vente au groupe américain Loar Group, a-t-on appris mercredi 28 janvier.

Bercy avait en revanche démenti la veille avoir pris sa décision sur la vente d'Exaion, une start-up filiale de EDF spécialisée dans des centres de calcul de haute performance, à l'américain Mara Holdings. "La procédure est toujours en cours et sera examinée dans ses moindres détails" , a indiqué à l' AFP le ministère de l'Economie.

Ce projet de cession avait été officialisé le 11 août dernier par la signature d'un accord prévoyant la vente de 64% d'Exaion à Mara.

Défense et tech: ces deux sociétés appartiennent à des secteurs jugés stratégiques pour la souveraineté et la sécurité de l'Etat et leur sort suscite des protestations de personnalités politiques.

A propos de LMB Aerospace, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a dénoncé ce mercredi "une grande braderie" des entreprises françaises . "Une cession plus que discutable à l'adversaire américain", estime de son côté Jean-Luc Mélenchon sur le réseau social X .

Basé en Corrèze, ce sous-traitant de la défense réalise 30% de son chiffre d'affaires (d'un total de 42 millions d'euros en 2025) avec les Etats-Unis et son PDG est installé dans ce pays pour y développer les activités.

Ce ne sont pas les premières polémiques lors de ventes de sous-traitants, mais les tensions internationales actuelles, notamment avec les Etats-Unis, alimentent les inquiétudes.

"On ne brade pas la souveraineté française"

Le gouvernement a imposé des conditions à la cession de LMB Aerospace, a indiqué le ministre de l'Economie Roland Lescure ce mercredi: une action préférentielle (dite "golden share") qui permettra de bloquer les décisions stratégiques contraires aux intérêts de la France, le maintien de la production en France et des garanties entourant les "contrats stratégiques".

"On ne brade pas la souveraineté française, surtout en défense, technologies, santé ou agroalimentaire" , a-t-il dit.

L'économie doit rester "ouverte", avec des "capitaux privés (qui) ont un rôle à jouer", mais qui doit aussi rester "extrêmement exigeante", a insisté ce jeudi le ministre devant l'association des journalistes économiques et financiers.

Selon le média spécialisé La Lettre mercredi 28 janvier, Bercy n'avait pas exigé l'implication de la banque publique d'investissement Bpifrance, condition qui avait été mise en avant par la Direction générale de l'armement (DGA) .

Golden share, IEF… comment l’État encadre les ventes à l'étranger

Comme dans le cas de LMB Aerospace, il peut exiger de détenir une "golden share", ou action de préférence, via l'Agence des participations de l'Etat (APE), un organisme sous tutelle du ministère de l'Economie.

L'Etat détient une action de préférence dans 13 entreprises actuellement: des très grosses (Airbus Defense and Space Holding France, ArianeGroup) ou des plus modestes (Exxelia, la Société nationale maritime Corse Méditerranée), selon le site de l'APE.

En 2023 par exemple, l'Etat avait exigé une action préférentielle lors de la vente d'Exxelia , un fabricant français (mais détenu par un fonds britannique) de composants destinés là aussi aux industries de la défense, à l'américain Heico (électronique et défense).

Par ailleurs, l es investissements étrangers en France sont soumis à un contrôle du ministère de l'Economie dès lors qu'un acteur non européen souhaite acquérir 10% ou plus des droits de vote d'une société française cotée (ou 25% des droits de vote d'une société non cotée) opérant dans un secteur stratégique (défense, cybersécurité, semi-conducteurs ou intelligence artificielle par exemple).

L'Etat avait ainsi bloqué en 2020 la vente de Photonis, spécialisé dans les instruments de vision nocturne, au groupe américain d'ingénierie Teledyne pour des motifs de protection de ses activités stratégiques. C'est ce qu'on appelle la procédure d'autorisation préalable d'investissement étranger (IEF) .

L'Etat avait aussi empêché le rachat proposé par le canadien Couche-Tard du français Carrefour début 2021, invoquant la "sécurité alimentaire", et s'était opposé à ce que Pepsi avale Danone en 2005 .

3 commentaires

  • 12:54

    Même les biscuits LU du patrimoine Français ont été vendus aux US


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