L'ancienne vice-présidente libérienne Jewel Howard-Taylor (au centre) est escortée par des agents de sécurité après avoir été placée en détention provisoire à l'issue de sa première comparution devant le tribunal de Monrovia, le 25 août 2026, dans le cadre de son procès pour son implication présumée dans un réseau international de trafic de drogue ( AFP / Matthew Jacobs )
L'ex-vice-présidente du Liberia Jewel Howard-Taylor, inculpée et détenue en août en lien avec un "réseau international de trafic de stupéfiants" présumé, a été libérée pour raisons de "compassion", a appris l'AFP samedi auprès d'un avocat des droits humains, et assignée à résidence, selon les collaborateurs de l'accusée.
Le Liberia, pays d'Afrique de l'Ouest, mène un combat contre le trafic de drogue. Il a enregistré la plus grande saisie de son histoire en juillet.
Mme Howard-Taylor, 63 ans, ex-épouse de l'ancien chef de guerre et président Charles Taylor (1997-2003) a été vice-présidente du pays entre 2018 et 2024, élue comme colistière du président George Weah. Elle a aussi été une influente sénatrice entre 2006 et 2018.
Elle est actuellement membre d'un parti d'opposition, le Congrès pour le changement démocratique (CDC).
L'AFP a appris samedi sa libération pour raisons de "compassion", auprès d'un avocat des droits humains sous couvert d'anonymat.
Vendredi soir, les collaborateurs de Mme Howard-Taylor ont indiqué qu'elle avait "été libérée et assignée à résidence", également "pour des raisons de compassion", dans un communiqué publié sur Facebook.
Elle "est maintenant à la maison avec sa famille", ont-ils également affirmé.
Sa libération fait l'objet de "conditions spécifiques, qu'elle a totalement l'intention de respecter", ont-ils ajouté.
Ils précisent qu'elle doit notamment remettre "tous ses documents de voyage" à la justice et ne peut sortir de sa résidence "uniquement sur ordre de la Cour ou pour un rendez-vous à l'hôpital ou une visite médicale".
Mme Howard-Taylor avait été arrêtée à l'aéroport international Roberts, près de la capitale Monrovia, alors qu'elle était sur le point de quitter le pays, selon les autorités libériennes.
Elle a été inculpée mi-août et placée en détention la semaine dernière à la prison centrale de Monrovia.
Ses avocats avaient demandé à ce qu'elle ne soit pas placée en détention d'ici son procès, plaidant qu'elle est asthmatique. Cette demande avait été refusée.
Le président libérien Joseph Nyuma Boakai a assuré la semaine dernière, lors d'un discours à la nation, que Mme Howard-Taylor bénéficierait d'une justice équitable.
Trois autres personnes, deux Croates et un Ukrainien, ont été inculpés dans la même affaire et sont toujours recherchés.
Le gouvernement libérien a lancé une vaste opération nationale antidrogue après des saisies records, notamment la plus grosse jamais faite dans le pays: près de 4 tonnes de cocaïne estimées à plus de 317 millions de dollars, découvertes en juillet lors d'une opération sur une route menant à l'aéroport Roberts.

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