L'armée israélienne a franchi dans le sud du Liban le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière avec Israël, dans le cadre de l'intensification de sa campagne militaire contre le Hezbollah, a annoncé vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Les opérations lancées par Tsahal le 2 mars contre le groupe chiite parrainé par l'Iran après la décision de ce dernier d'entrer au côté de Téhéran dans le conflit avec les Etats-Unis et Israël ont fait plus de 3.200 morts, selon le ministère libanais de la Santé, et 1,2 million de déplacés. Israël dit avoir perdu 23 soldats et quatre civils sur la même période.
"Nos forces ont franchi le Litani et progressé jusqu'à des positions de contrôle", a déclaré Benjamin Netanyahu lors d'une visite aux soldats déployés dans le nord d'Israël, alors même que devaient se réunir à Washington des représentants militaires israéliens et libanais pour consolider le théorique cessez-le-feu conclu le 16 avril, qui est loin d'avoir mis fin aux bombardements israéliens sur le Liban et aux tirs de drones et de roquettes de Hezbollah sur le nord de l'Etat hébreu.
L'armée israélienne a ainsi annoncé cette semaine l'intensification de ses opérations au-delà de la "zone de sécurité" occupée par ses troupes dans le sud du Liban depuis le 16 avril.
"Nous opérons à Beyrouth, dans la Bekaa, le long de toute la ligne de front, et nous infligeons au Hezbollah des coups terribles", s'est félicité Benjamin Netanyahu vendredi.
S'exprimant devant ses troupes, le chef d'état-major de l'armée israélienne Eyal Zamir a déclaré que Tsahal allait continuer à pourchasser les "escadrons" de lancement de roquettes du Hezbollah, leurs opérateurs et leurs commandants à chaque échelon.
Selon les forces de sécurité libanaises, les troupes israéliennes ont franchi le Litani jeudi près du village de Zaoutar al-Charqiyé avant de se replier sur la rive sud.
Des soldats israéliens ont à nouveau passé le fleuve vendredi, à un endroit proche de la frontière israélienne, ont ajouté ces sources en estimant qu'il ne s'agissait pas d'une avancée majeure.
Le fleuve est un axe stratégique important et la ligne de démarcation au sud de laquelle aucune milice armée n'est censée opérer au Liban, selon une résolution votée en 2006 par le Conseil de sécurité des Nations unies.
(Rami Ayyub à Jérusalem, Maya Gebeily à Beyrouth, Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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