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Les syndicats veulent toujours faire entendre leurs revendications le 5 novembre
information fournie par AFP 20/10/2026 à 20:39

Manifestation contre la vie chère à Paris, le 17 octobre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Manifestation contre la vie chère à Paris, le 17 octobre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Avec une nouvelle journée de grève et de manifestations prévue le 5 novembre, les syndicats veulent continuer à faire entendre leurs revendications, étouffées par le chaos du 17 octobre, et attendent des réponses concrètes du gouvernement, qui les reçoit mercredi à Matignon.

"Arrêter et dire aujourd'hui +on ne va pas manifester le 5+, ça voudrait dire qu'on cèderait aux pilleurs et aux casseurs. Et qu'est-ce qu'on fait de nos revendications?", a souligné auprès de l'AFP Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, qui demande des augmentations générales de salaires, un coup de pouce au Smic et un dégel du point d'indice des fonctionnaires.

"Le 5 novembre est bien entendu toujours à l'ordre du jour", a abondé la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, mardi sur France Inter, estimant que la balle est "du côté du gouvernement" pour des "réponses concrètes" aux revendications des jeunes et des travailleurs.

Hausse du Smic

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a écrit lundi aux syndicats pour les convier à Matignon mercredi. Solidaires indique ne pas avoir été invité.

Dimanche, le président Emmanuel Macron avait annoncé que des représentants des corps intermédiaires seraient reçus rapidement, après les scènes de chaos à la marge des manifestations contre "la vie chère" de samedi.

La CGT ira à Matignon "pour exiger des réponses aux revendications des jeunes et des travailleurs" et demande que "les jeunes" soient reçus en même temps. Après la journée de samedi, la centrale dirigée par Sophie Binet avait dénoncé "la stratégie du chaos déployée par le gouvernement" et appelé les travailleurs à "continuer à se mobiliser pacifiquement".

A Matignon, pas question de recevoir uniquement "une leçon de responsabilité", a averti Marylise Léon, soulignant que son organisation condamnait les violences mais demandait des réponses de fond après des manifestations "massives".

La CFDT a aussi critiqué mardi l'absence de représentants lycéens et étudiants de la réunion de mercredi, alors que leurs revendications sont au programme.

Devant l'Assemblée, Sébastien Lecornu a assuré mardi qu'il comptait faire "un point très précis (avec les syndicats) sur les questions budgétaires", évoquant des "réflexions" qui pourraient être reprises "en fin de discussion budgétaire (...) lors de la seconde lecture".

La CFDT, selon laquelle le sujet du pouvoir d'achat doit être "traité urgemment", demande une hausse de 100 euros du Smic et l'ouverture de négociations salariales dans toutes les branches professionnelles, avec un plancher de hausse à 100 euros, et la suppression des allègements de cotisations pour les entreprises qui ne joueraient pas le jeu. Elle souhaite aussi un budget intégrant "la contribution des plus hauts patrimoines".

Alors que le 17 octobre, seuls Solidaires, la CGT et la FSU avaient appelé à manifester, rejoignant un appel contre "la vie chère" parti sur les réseaux sociaux et reprenant les codes des gilets jaunes, le 5 novembre, tous les principaux syndicats, CFE-CGC exceptée, appellent salariés du public et du privé à faire grève et manifester pour les salaires, l'emploi, les services publics.

Côté gilets jaunes, des organisateurs du 17 appellent à un "acte II" dès samedi prochain, appel rejoint par les principales organisations étudiantes.

"Débouchés pacifiques à la colère"

La Coordination nationale lycéenne a appelé lundi les lycéens à "sortir dans la rue" les 22 et 24 octobre.

Chez Solidaires, l'instance nationale décidera mercredi ce qu'elle fait le 24. Pour la co-déléguée générale Julie Ferrua, l'objectif principal est de "bloquer l'économie" avec une grève très suivie le 5 novembre.

Les syndicats soulignent leur savoir-faire pour sécuriser un cortège et protéger les manifestants. Marylise Léon assure qu'ils feront au mieux "en termes de structuration et d'organisation" pour le 5 novembre.

"Dans nos cortèges, on arrive à ne pas être infiltrés, y compris par les black blocs", mais "on ne peut pas gérer des gens qui sont dans des rues voisines, qui iraient casser", souligne le président de la CFTC Cyril Chabanier, jugeant néanmoins "important d'être dans la rue" le 5 novembre.

Pour le secrétaire général de l'Unsa Laurent Escure, "c'est la responsabilité des pouvoirs publics de déclencher tous les dispositifs qu'ils ont pour identifier ceux qui viennent agresser les biens et les personnes et procéder à des mesures préventives", mais "on ne peut pas se laisser voler notre capacité à offrir des débouchés pacifiques à la colère sociale".

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