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Les syndicats dans la rue jeudi pour les salaires, le gouvernement sous pression et "vigilant"
information fournie par AFP 04/11/2026 à 16:42

Des manifestants à Marseille le 31 octobre 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )

Des manifestants à Marseille le 31 octobre 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )

Plus de 250 rassemblements partout en France mais des parcours de manifestations objets de bras de fer avec les autorités : les syndicats préparent leur journée de mobilisation pour les salaires jeudi, nouveau jalon d'un automne social houleux, face auquel le gouvernement se dit "extrêmement vigilant".

Annoncée début octobre, cette journée doit rassembler salariés du privé, du public et retraités mais aussi lycéens et étudiants mobilisés depuis des semaines.

Quelque 252 actions et manifestations sont annoncées à ce stade, selon une carte de la CGT. Les autorités attendent 500.000 à 700.000 personnes hors Paris et 40.000 à 80.000 personnes dans la capitale, un peu plus que les 550.000 dénombrées par le ministère de l'Intérieur le 17 octobre.

Le gouvernement se montre "extrêmement vigilant", a averti sa porte-parole Maud Bregeon, "parce qu'il est hors de question qu'on revive, de quelque manière que ce soit (..) ce qu'on a pu traverser le 17 octobre", quand scènes de violences et de pillage s'étaient déroulées en marge de certains défilés.

Mardi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des "dispositifs robustes" pour cette journée "sensible", selon un télégramme consulté par l'AFP, préconisant notamment des contrôles en amont des rassemblements pour "limiter la circulation de profils à risques".

A moins de 24 heures du départ du cortège parisien, les syndicats attendent toujours de savoir s'ils pourront défiler entre les places de la Bastille et de la Concorde comme ils le souhaitent. Ils ont saisi le tribunal administratif.

Une situation "pas acceptable" qui "pèse sur les conditions de sécurité", a déploré la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon.

"Depuis 15 jours, il n'y a aucune négociation sérieuse avec la préfecture de Paris. Juste, on (nous) dit +pas de centre-ville+. C'est une honte", a renchéri son homologue de la CGT Sophie Binet, sur RMC, soulignant que 20 départements sont concernés par ces restrictions autour des parcours.

Jeunes et gilets jaunes en soutien

La SNCF anticipe jeudi un trafic "perturbé" sur la plupart de ses lignes régionales et franciliennes et "légèrement perturbé" pour les TGV. Le ministère de l'Éducation nationale table pour sa part sur environ 17% de grévistes à l'école primaire.

Cette journée fait suite à trois samedis consécutifs de mobilisation contre la vie chère, épousant les codes des gilets jaunes et soutenue seulement par certains syndicats. Jeudi, toutes les principales organisations de travailleurs - même le syndicat de l'encadrement CFE-CGC, initialement plus réservé - reprennent la main.

Insatisfaits des premières réponses du gouvernement, les lycéens et étudiants gonfleront les cortèges après une journée de blocages mardi et une manifestation sauvage à Paris.

La coordination des gilets jaunes, qui joue un rôle central dans l'organisation des manifestations depuis le 17 octobre, participera à la grève et aux blocages de jeudi.

Au-delà du 5 ?

Le gouvernement a mis en avant la baisse des prix du gazole dans 6.000 des 10.000 stations-service françaises à la suite du déblocage de stocks stratégiques ( AFP / GUILLAUME SOUVANT )

Le gouvernement a mis en avant la baisse des prix du gazole dans 6.000 des 10.000 stations-service françaises à la suite du déblocage de stocks stratégiques ( AFP / GUILLAUME SOUVANT )

En amont, le gouvernement a mis en avant la baisse des prix du gazole dans 6.000 des 10.000 stations-service françaises à la suite du déblocage de stocks stratégiques.

Il a également laissé entendre qu'il pourrait faire un geste sur le Smic, alors que les revendications des syndicats se cristallisent autour des salaires, sur fond d'inflation (+3,4 %).

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a indiqué mardi espérer "que le gouvernement, autour du 5 novembre, (serait) en capacité de présenter des mesures de nature à réenclencher la dynamique salariale dans notre pays", évoquant le Smic et les négociations dans les branches et les entreprises.

La CGT réclame une hausse du Smic de 10 %, et la CFDT, pourtant traditionnellement réticente aux coups de pouce par crainte de tasser l'échelle des salaires, de 100 euros net.

Le gel du point d'indice des fonctionnaires concentre également la colère des syndicats, comme le maintien d'aides aux entreprises dans des branches dont les minima sont inférieurs au Smic.

Autres "mesures détestables", le gel des aides personnalisées au logement (APL) et le délai de carence pour le versement d'allocations aux étrangers non européens, dénonce le secrétaire général adjoint de l'Unsa, Dominique Corona.

Solidaires appelle à reconduire la grève au-delà du 5, comme la coordination des gilets jaunes qui entend maintenir la pression jusqu'à samedi, date annoncée de l'"Acte IV" du mouvement.

Ce jour-là, la coordination appelle à un rassemblement place de la Concorde à Paris. "Nous irons quoi qu'il arrive, même en cas d'interdiction", annonce l'un de ses membres, Benjamin Ball.

Des syndicats et associations de droit au logement de sept pays (France, Espagne, Belgique, Italie...) appellent en outre à des "manifestations coordonnées" contre la vie chère fin novembre.

16 commentaires

  • 17:38

    paspil vous expliquez comment se décompse le résultat des ste et qui gagne le plus ?? état ou actionnaires ???


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