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Les secrétaires de mairie, des "piliers" difficiles à trouver
information fournie par AFP 16/01/2026 à 09:06

Dans les villes de moins de 3.500 habitants,  les secrétaires généraux de mairie (SGM) sont un maillon essentiel de la chaîne communale ( AFP / LOU BENOIST )

Dans les villes de moins de 3.500 habitants, les secrétaires généraux de mairie (SGM) sont un maillon essentiel de la chaîne communale ( AFP / LOU BENOIST )

Roger Trappo, maire de Puyméras, village perché du Ventoux et Caroline Nancy, la secrétaire de mairie, forment un binôme indissociable: "je me repose énormément sur elle", reconnaît l'élu, "sur la gestion du budget, du personnel".

Preuve de sa confiance: Caroline Nancy a accès à sa boîte mail. Cette dernière, en 25 ans, a vu le métier énormément évoluer: "aujourd'hui il y a beaucoup de juridique, il faut vraiment s'y connaître, et les gens sont de plus en plus agressifs".

Au Congrès des maires du Vaucluse, qui s'est tenu mi-novembre à Avignon à quelques mois des municipales, ils retrouvent Annie Orlhiac, responsable du pôle innovation RH du Centre de gestion de la fonction publique dans le Vaucluse. Elle anime un réseau de secrétaires de mairie, des professionnelles souvent isolées dans leur pratique, "avec de lourdes responsabilités: elles doivent en connaître autant que le DGS d'une grande commune".

Dans les plus petites communes, raconte-t-elle, "ce sont des vrais couteaux suisses: elles peuvent aussi bien vider les poubelles, que remplacer un cantinier malade, tout en gérant le personnel municipal..." et en plus mobiliser "des connaissances juridiques et réglementaires souvent supérieures à celles du maire".

Dans les villes de moins de 3.500 habitants, qui n'ont pas toujours de DGS (directeur général des services), les secrétaires généraux de mairie (SGM) sont "le maillon essentiel de la chaîne communale", explique Chantal Gantch, maire de Savignac-de-l'Isle (Gironde), interviewée par l'AFP au Congrès des maires de France en novembre, à Paris.

Elles sont à près de 95% des femmes, selon les derniers chiffres du gouvernement.

- 2.300 bruts/mois -

En plus d'être la "mémoire vive de la commune", puisqu'elles restent en poste mandat après mandat, elles assurent des tâches administratives, juridiques, sans compter qu'elles viennent "compenser" la fracture numérique subie par de nombreux administrés.

Un poste d'autant plus crucial, insiste l'élue, qu'aujourd'hui beaucoup de maires ont un emploi à côté de leur mandat, donc la secrétaire se retrouve "beaucoup plus en autonomie et en responsabilité".

Aujourd'hui, maires et secrétaires s'inquiètent sur l'avenir d'une profession vieillissante, et en peine pour recruter. "C'est un métier passion", selon Patricia Hamon, présidente de l'association des secrétaires généraux de mairie de France, "mais parlons clairement: on ne le fait pas pour la paye". En fin de carrière, cette fonctionnaire catégorie C ne touche que 2.300 euros brut.

La loi de décembre 2023 a revalorisé ce "travail essentiel", selon le ministre de la Fonction publique Stanislas Guérini, en faisant passer de catégorie C à B les SGM. "Mais c'est une réforme limitée", déplore Patricia Hamon, qui a fait un sondage dans son association: seule la moitié des plus de 600 SGM interrogées sont passées en B, "car il y a des conditions d'ancienneté".

La revendication de l'association: une "formation reconnue au national, qui irait avec une meilleure rémunération". Actuellement, des diplômes universitaires ont été mis en place par les collectivités, comme dans le Puy-de-Dôme, où les maires espèrent ainsi "avoir de nouveaux SGM à partir de septembre pour pouvoir commencer à combler les départs à la retraite qui vont s'accélérer", selon Flavien Neuvy, maire de Cébazat, près de Clermont-Ferrand.

Dix-neuf étudiants ont démarré le cursus, dont 8 hommes, s'est-il félicité.

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