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Les secouristes au Népal progressent dans les zones reculées à la recherche de milliers de disparus
information fournie par Reuters 01/09/2026 à 12:17
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par Gopal Sharma, Sahana Bajracharya, Liz Lee et Ethan Wang

Les secouristes népalais sont parvenus à construire des ponts de fortune pour atteindre des zones montagneuses reculées dans l'Himalaya et secourir près de 300 ouvriers piégés dans les ruines de projets hydroélectriques dévastés par les torrents d'eau et de boue qui se sont déversés dans des vallées du Népal il y a près d'une semaine.

Au moins 639 personnes sont toujours bloquées dans plusieurs centrales hydroélectriques du Népal, vers lesquelles se concentrent les efforts des secouristes, a déclaré mardi l'autorité népalaise de gestion des catastrophes.

Le bilan de ces crues soudaines et dévastatrices provoquées par l'effondrement d'un glacier le 26 août s'élève à 1.003 morts et environ 4.000 disparus, dont 583 étrangers, parmi lesquels quatre Français, au Népal.

"Des milliers de concitoyens ont perdu leur domicile, leur famille, leurs proches et leurs biens", a dit le Premier ministre népalais, Balendra Shah, dans un message diffusé lundi soir sur les réseaux sociaux. "Le gouvernement comprend l'immense douleur qu'ils endurent."

Plus de 11.000 personnes ont été secourues depuis la catastrophe tandis que l'électricité et certaines lignes de communication ont été rétablies dans certains secteurs de cette région frontalière de la Chine, a ajouté Balendra Shah, qui n'est en poste que depuis six mois.

"Nous n'avons eu le temps de rien prendre avant de fuir", raconte une habitante du district de Rasuwa, particulièrement touché, qui dit avoir marché jusqu'à Nuwakot avec de nombreux villageois ayant eux aussi survécu à ces inondations. "Nous portons les seuls vêtements que nous avons. Et ils sont trempés par la pluie."

AIDE INTERNATIONALE

Des liaisons routières ont pu être rétablies avec Nuwakot, ce qui va faciliter les opérations de secours et la distribution d'aide, a dit Balendra Shah.

Un responsable de la police, Bipin Regmi, a dit que des secouristes avaient retrouvé 24 cadavres dans une maison de Betrabati, un village du district de Nuwakot.

"Nous atteignons de nouvelles zones et retrouvons des corps", a-t-il dit.

Côté chinois, des secouristes ont oeuvré toute la nuit pour rouvrir l'accès à la frontière avec le Népal dans une voie escarpée bordée de falaises aux parois instables, d'un côté, et de torrents impétueux, de l'autre.

La Chine va envoyer mardi des experts en identification par ADN dans les zones affectées à la frontière avec le Népal ainsi qu'un deuxième convoi d'aide, notamment des drones et du matériel de purification d'eau, a annoncé mardi le ministère chinois des Affaires étrangères.

Le Népal a refusé la semaine dernière toute implication étrangère dans les efforts globaux de recherche et de secours mais a dit avoir besoin de services spécialisés et de matériel technologique de pointe, tels que des détecteurs de vie, de vastes réfrigérateurs ou des ponts Bailey.

La Chine, l'Inde, les Etats-Unis, de pays de l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, Singapour, l'Australie ou encore les Emirats arabes unis ont promis leur aide.

"Une partie de cette aide est déjà arrivée", a dit Lok Bahadur Chhetri, porte-parole du ministère népalais des Affaires étrangères.

Plus de 42 millions de dollars de contributions sont parvenues au pays et le gouvernement s'attend à ce que ce montant augmente, a dit Balendra Shah.

"PAS HUMAINEMENT POSSIBLE D'ENTRER DANS LE TUNNEL"

Le Premier ministre a annoncé que 279 ouvriers avaient été secourus dans divers projets hydroélectriques par des équipes conjointes formées par le Népal, l'Inde et la Chine.

Sur des photos et des vidéos diffusées par les secouristes, on peut voir des tractopelles creuser et déplacer des pierres et de la boue sous la lumière de projecteurs en pleine nuit. A l'aide d'une torche, des militaires ont cherché un espace dans un grand trou qu'ils avaient préalablement creusé pour tenter de pénétrer dans un tunnel.

"Nos premières observations à la centrale hydroélectrique de Trishuli montrent qu'il n'est pas humainement possible d'entrer dans le tunnel", a dit à Reuters Asish Gurung, un guide de montagne participant aux recherches dans le village d'Haku dans le district de Rasuwa.

"Il nous faut des machines telles que des bulldozers et des excavateurs. Il y en a deux ici pour l'instant. L'un ne fonctionne pas et l'autre est en réparation. Il pourrait y avoir environ 500 personnes coincées à l'intérieur", a-t-il ajouté.

Les chantiers hydroélectriques se sont multipliés depuis le début du siècle au Népal pour tenter d'exploiter les vastes ressources en eau de l'Himalaya afin de lutter contre les pannes chroniques de courant dans le pays et éventuellement vendre de l'électricité à l'Inde.

Ces projets en haute montagne nécessitent des tunnels pour acheminer l'eau à travers les reliefs vers les barrages en aval.

Balendra Shah a déclaré dans son message diffusé lundi soir que la catastrophe illustrait les risques croissants encourus par les régions himalayennes en raison du changement climatique et la nécessité d'alerter la communauté internationale sur ces dangers.

La radiotélévision publique chinoise a elle aussi jugé lundi que la coulée de boue dévastatrice de la semaine dernière avait été "provoquée par l'instabilité glacière sous les effets à long terme du réchauffement climatique".

(Gopal Sharma, Sahana Bajracharya, Liz Lee, Ethan Wang, rédigé par Shilpa Jamkhandikar, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)

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