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Les réseaux sociaux bientôt interdits au moins de 15 ans ? : une mesure déjà prise ailleurs, mais difficile à mettre en œuvre
information fournie par Boursorama avec Media Services 11/09/2025 à 15:28

Une commission d'enquête parlementaire vient de rendre son rapport qui préconise l'interdit des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, pour les protéger d'un "océan de contenus néfastes" et de la violence "sous toutes ses formes".

( AFP / NICOLAS ASFOURI )

( AFP / NICOLAS ASFOURI )

C'est l'Australie qui a ouvert le bal fin 2024, en interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Une voie que pourrait emprunter la France après la remise du rapport parlementaire sur TikTok . Mais une telle mesure, destinée à protéger les plus jeunes de certaines dérives, n'a pas encore accouché de solution technique infaillible.

Pourquoi certains pays souhaitent-ils une interdiction ?

L'utilisation des réseaux sociaux par les enfants et adolescents a suscité ces dernières années des inquiétudes, concernant notamment le temps passé devant les écrans et le manque de modération.

Selon Lucile Coquelin, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication, il existe "un risque considérable d'exposition à des contenus manifestement inadaptés aux mineurs" comme "des propos misogynes", "des images violentes" et "des discours extrêmes". Elle pointe également le risque de leur propre exposition "à travers des photos, des vidéos, des informations à caractère personnel" qui peuvent ensuite être utilisés à leur encontre.

En juin, le président Emmanuel Macron avait également affirmé vouloir les interdire aux moins de 15 ans face à "une épidémie de harcèlement sur ces réseaux, de dérèglement du rapport entre les garçons et les filles".

Quels pays ont interdit les réseaux sociaux aux plus jeunes ?

L'Australie a frappé fort en votant fin 2024 l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Cette loi, qui doit entrer en vigueur le 10 décembre 2025, fournit toutefois peu de détails sur ses modalités d'application.

Fin juillet, le Royaume-Uni a mis en place une nouvelle réglementation obligeant les sites web, réseaux sociaux et plateformes de partage de vidéos à mettre en œuvre des contrôles stricts de l'âge.

En Norvège, le gouvernement s'est donné pour objectif de fixer un seuil d'accès à 15 ans mais le pays ne dispose à ce stade pas d'échéance, ni de piste pour le mettre en œuvre.

En France, une loi votée en juin 2023 a instauré une "majorité numérique" à 15 ans mais celle-ci n'est jamais entrée en vigueur, faute de certitude sur sa conformité avec le droit européen. En revanche, depuis le début de l'année, une vérification stricte de l'âge des internautes a été imposée aux sites pornographiques.

En Chine, où Internet est étroitement contrôlé, des mesures de restriction d'accès pour les mineurs existent depuis 2021, avec obligation d'identification via un document d'identité. Les moins de 14 ans ne peuvent passer plus de 40 minutes par jour sur Douyin, la version chinoise de TikTok, et le temps de jeu en ligne des enfants et adolescents est limité.

Quelles sont les difficultés d'une telle interdiction ?

Pour Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université de Nantes, la mise en œuvre de ces mesures soulève essentiellement des problèmes de compatibilité entre droit et technique . "Juridiquement, cela existe déjà : quand vous vous enregistrez sur une plateforme, on vous demande votre âge", remarque-t-il. Mais pour instaurer un contrôle efficace, "on est obligé d'ouvrir une brèche dans le domaine du respect de la vie privée", estime l'enseignant.

Certaines applications, comme le réseau social français Yubo, font appel à la société britannique Yoti, qui a développé un système d'évaluation de l'âge fondé sur l'intelligence artificielle à partir d'une photo. Mais le déploiement de ces outils reste rare.

Garante des droits des Français, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) signale que le contrôle de l'âge conduit "à collecter des données personnelles et présente des risques pour la vie privée".

Pressée d'agir, la Commission européenne a annoncé mi-juillet la mise en place, dans cinq pays de l'UE dont la France, d'un nouvel outil permettant aux sites et réseaux sociaux de vérifier l’âge des internautes. "A partir du printemps l'année prochaine, la France pourra mettre en place ce logiciel", a indiqué Laure Miller, la rapporteure de la commission sur TikTok, interrogée jeudi sur franceinfo , rappelant toutefois qu'il faut que "les plateformes jouent le jeu" en instaurant un tel contrôle.

Certaines applications comme TikTok ont déjà mis en place une vérification d'un âge minimum dans quelques cas, comme lancer un direct ou commercialiser des services numériques par exemple, signale Lucile Coquelin. Mais le réseau social se refuse pour l'instant à généraliser une telle mesure à tous les comptes, estimant, lors de son audition en juin par les députés de la commission sur TikTok, que "cette réflexion" doit se faire "à l'échelle de l'ensemble des plateformes".

6 commentaires

  • 11 septembre 16:21

    il suffira pour le mineur d'une photo de son pére pour paasser...


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