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Les pays européens s'accordent sur un projet de loi sur la biodiversité édulcoré
information fournie par Reuters 20/06/2023 à 14:24

        * 
      Les pays européens sont parvenus à un accord sur le projet
de
loi visant à restaurer les milieux naturels
    

        * 
      Des modifications apportées par les Etats membres limitent
la
portée du texte
    

        * 
      Le principal groupe politique au Parlement Européen
rejette en
bloc le projet de loi
    

  
       LUXEMBOURG, 20 juin (Reuters) - Les ministres de
l'environnement des pays de l'Union européenne (UE) sont
parvenus mardi à un accord sur un projet de loi visant à
restaurer les écosystèmes dégradés, après avoir édulcoré
certains pans du projet et accepté de chercher davantage de
financements européens.
    Le projet de loi vise à restaurer les milieux naturels des
pays du bloc, dont 81% sont jugés en mauvais état, et a suscité
un vif débat, les députés européens et certains gouvernements
s'y opposant et se demandant si l'UE n'imposait pas trop de
réglementations environnementales à l'industrie.
    Les pays de l'UE ont soutenu le projet de loi, mais
seulement après que la Commission européenne a accepté de
proposer un soutien financier si cela s'avérait nécessaire,
selon un projet d'accord vu par Reuters.
    L'Allemagne, la Lituanie et la Roumanie font partie des pays
qui ont exprimé des inquiétudes quant au financement.
    Les Etats membres ont également édulcoré certaines parties
de la proposition initiale de la Commission.
    L’un des changements supprime l'obligation de veiller à ce
que la santé des tourbières, des prairies, des forêts et
d'autres écosystèmes ne se détériore pas, la remplaçant par un
objectif consistant à "s'efforcer de mettre en place les mesures
nécessaires" pour prévenir ce phénomène.
    Un autre amendement affaiblit les objectifs de restauration
des tourbières asséchées, à la demande de pays comme l'Irlande
qui emploient la tourbe comme combustible.
    Le ministre irlandais du climat, Eamon Ryan, s'est félicité
de ce compromis, estimant qu'il permettait d'espérer que "la
destruction de la nature ne soit pas inévitable", tout en ne
fixant aucune règle susceptible d'empêcher les pays de
développer leur économie.
    Les Pays-Bas ne se sont pas moins opposés au projet de loi,
craignant qu'il ne ralentisse l'expansion des parcs éoliens et
d'autres activités économiques.
    "Nous ne pouvons pas tout faire en même temps, dans un
espace contraint", a déclaré Christianne van der Wal, ministre
néerlandaise de la Nature et de l'Azote.
       
    PRESSIONS POLITIQUES
    Le responsable européen du climat, Frans Timmermans, a
déclaré aux journalistes qu'il ne s’inquiétait pas des
modifications apportées par les pays membres à la loi,
critiquant toutefois les membres du Parlement européen qui
tentent de bloquer la loi et refusent de négocier.
    Les pays de l'UE et le Parlement européen doivent tous deux
approuver le projet de loi final.
    Le principal groupe politique au Parlement européen s’oppose
au projet de loi, arguant que protéger la biodiversité sur les
terres agricoles menacerait la production alimentaire.
    Plus de 3.000 scientifiques ont déclaré que cet argument ne
tenait pas, mais l'avenir de la loi reste incertain.
    La semaine dernière, une motion visant à rejeter le projet
de loi a échoué de justesse, en amont de la décision qui sera
prise en juillet par le Parlement européen.

 (Reportage Kate Abnett, version française Corentin Chappron,
édité par Kate Entringer)

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