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Les migrants de l'Ocean Viking accueillis en France, Rome déplore "l'agressivité" de Paris
information fournie par Reuters 11/11/2022 à 12:04

Photo d'archives : Des migrants attendent de débarquer, plusieurs semaines après leur sauvetage, à bord du navire de secours Ocean Viking, en mer Méditerranée

Photo d'archives : Des migrants attendent de débarquer, plusieurs semaines après leur sauvetage, à bord du navire de secours Ocean Viking, en mer Méditerranée

PARIS (Reuters) - Les quelque 230 migrants du navire humanitaire Ocean Viking, parvenu vendredi matin au port militaire de Toulon (Var) avec l'accord des autorités françaises, ont été pris en charge à leur arrivée en vue d'un possible accueil en France ou une relocalisation dans un autre Etat européen.

La France a annoncé jeudi la décision "exceptionnelle" - une première - d'accueillir le bateau affrété par l'ONG SOS Méditerranée face au refus de l'Italie de laisser le navire à la coque rouge accoster dans l'un de ses ports comme le prévoit le droit maritime international.

L'Italie, par la voix de la présidente du Conseil Giorgia Meloni, a regretté vendredi "la réaction agressive du gouvernement français" à son égard, la jugeant "incompréhensible et injustifiée."

SOS Méditerranée avait secouru fin octobre 234 migrants, dont 57 enfants, au large de la Libye. Quatre personnes ont été transférées par hélicoptère jeudi au centre hospitalier de Bastia (Haute-Corse).

A leur débarquement dans la base militaire de Toulon, les migrants devaient subir "une évaluation sanitaire" puis être placés administrativement en "zone d'attente" de droit international sous le contrôle de la police de l'air et des frontières (PAF), a indiqué le préfet du Var, Evence Richard, lors d'une conférence de presse à Toulon.

"Ces personnes ne sont pas autorisées à pénétrer sur le territoire national", a précisé à sa suite le directeur général des étrangers en France, Eric Jalon. Elles "peuvent être maintenues jusqu'à 20 jours" en zone d'attente ou dans certains cas jusqu'à 26 jours, a-t-il ajouté.

Les migrants devaient faire l'objet d'une "vérification sécuritaire" en lien avec la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI).

"On a le souci absolu de la sécurité, on n'est absolument pas laxistes", a déclaré sur BFM TV la porte-parole du ministère de l'Intérieur, Camille Chaize.

Ces formalités accomplies, les migrants devaient être transférés par bus sous escorte policière dans un centre d'hébergement à Hyères, sur la presqu'île de Giens, site considéré désormais comme "zone d'attente".

TENSION DIPLOMATIQUE

Ce centre "a vocation à rester ouvert à peu près une vingtaine de jours", a dit le préfet du Var. C'est dans ce cadre que sera engagé l'examen des demandes d'asile en procédure accélérée.

Près de 600 personnes ont été mobilisées pour leur prise en charge, dont plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre.

Seize agents de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), aidés d'interprètes, mèneront notamment des entretiens durant le week-end avec chacun des migrants.

"Les personnes qui n'auraient pas vocation ni à rester en France ni à bénéficier d'une relocalisation dans un autre Etat européen" seront renvoyées vers leur pays d'origine, a dit Eric Jalon. Les autres seront conduites dans d'autres centres d'hébergement afin que leur demande d'asile soit examinée au fond.

La France s'est engagée à accueillir "une tiers" des migrants. Neuf autres pays européens (Allemagne, Croatie, Roumanie, Bulgarie, Lituanie, Malte, Portugal, Luxembourg, Irlande) se tiennent prêts à prendre en charge les autres passagers. "Des contacts sont encore en cours avec d'autres capitales européennes", a dit vendredi Eric Jalon.

Dans un nouvel accès de tension diplomatique, les autorités françaises ont dénoncé l'attitude "irresponsable" et "inhumaine" de Rome, où la dirigeante d'extrême droite Giorgia Meloni a durci la politique migratoire de l'Italie tout en plaidant auprès de Bruxelles pour plus de solidarité européenne en la matière.

Un délicat équilibre entre politique intérieure et diplomatique qui s'impose également au président Emmanuel Macron, qui a pris le risque de raviver la controverse sur la politique d'immigration française, entre fermeté et droit humanitaire, dans les rangs des oppositions de droite notamment.

"CHEVAL DE TROIE"

En 2018, la France, dans un autre conflit avec l'Italie, avait refusé d'accueillir un bateau humanitaire, l'Aquarius, avec plus de 600 migrants à son bord, qui avait finalement accosté en Espagne. "On ne doit jamais céder à l'émotion que certains manipulent", avait alors déclaré Emmanuel Macron.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé jeudi que la France renonçait temporairement à la relocalisation de 3.500 migrants au bénéfice de l'Italie dans le cadre du mécanisme européen de solidarité instauré cet été. Il a évoqué plus généralement des "conséquences extrêmement fortes sur la relation bilatérale".

La présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, a dénoncé jeudi "un signal dramatique de laxisme". Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, candidat à la présidence des Républicains, a demandé le renvoi des migrants vers leurs pays d'origine, estimant que l'Ocean Viking était le "cheval de Troie de l'immigration irrégulière en Europe".

Le président de Reconquête, Eric Zemmour, a annoncé jeudi sa venue à Toulon.

(Rédigé par Sophie Louet)

55 commentaires

  • 18 novembre 18:16

    La gauche qui a ruinée la France et qui donne des leçons !!


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