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Les Hongrois commencent à voter entre fin de règne et cinquième mandat pour Viktor Orban
information fournie par AFP 12/04/2026 à 06:18

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors de son meeting de clôture de campagne à Budapest le 11 avril 2026 ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors de son meeting de clôture de campagne à Budapest le 11 avril 2026 ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Les Hongrois ont commencé à voter dimanche lors d'élections législatives qui pourraient mettre fin au règne de Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, et dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales à travers le monde, en particulier en Europe et aux Etats-Unis.

Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 (04H00 GMT), et ferment à 19H00.

Les 7,5 millions d'électeurs dans le pays, ainsi que les plus de 500.000 autres enregistrés à l'étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral majoritaire mixte très favorable au Fidesz.

Les sondages des instituts indépendants prédisent une très large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de faire de l'ombre au Premier ministre nationaliste hongrois, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays.

Les institutions proches du pouvoir prévoient eux une victoire de la coalition Fidesz‑KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat consécutif.

Les signes de nervosité sont cependant palpables dans les rangs du Fidesz, qui a reçu le soutien très appuyé du président américain Donald Trump.

Son vice-président JD Vance est venu à Budapest cette semaine vanter les mérites de Viktor Orban et critiquer l'ingérence des "bureaucrates de Bruxelles".

Donald Trump lui-même a multiplié les messages vendredi, promettant de mettre la "puissance économique" des Etats-Unis au service de Viktor Orban, qui a le mérite à ses yeux d'incarner la lutte contre l'immigration et la défense de la "civilisation occidentale".

- "Campagne négative" -

Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d'extrême droite à travers le monde.

Il est aussi proche du président russe Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l'Union européenne contre la Russie depuis qu'il a envahi l'Ukraine en 2022.

Si Bruxelles a évité de s'exprimer ouvertement sur le scrutin, "la plupart des Etats membres seront plutôt heureux de se débarrasser d'Orban", affirme un diplomate européen, selon qui "la patience a atteint ses limites".

Viktor Orban, 62 ans, s'est très souvent opposé aux 26 autres Etats membres, et Bruxelles, qui l'accuse de saper l'Etat de droit, a gelé des milliards d'euros de financements.

Durant sa campagne, il a promis de poursuivre sa répression contre les "fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges (et) les politiciens".

S'il l'emporte, "cela signifiera clairement (...) un basculement vers l'autoritarisme", estime Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE.

Orban s'est aussi présenté comme un rempart contre l'Ukraine, qu'il accuse de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre. Mais face à la stagnation de l'économie et une corruption devenue trop flagrante, l'argument n'a pas pris, constatent les analystes.

"Le Fidesz a décidé de mener une campagne purement négative", souligne Andrea Szabo. "Il n'y a pas un seul message dont on puisse dire qu'il servirait véritablement à unifier la nation. A l'inverse, ils n'ont parlé que de la guerre, la guerre et encore la guerre (...)".

Le chef du parti Tisza, Peter Magyar, le 10 avril 2026 lors d'un meeting de campagne à Miskolc, en Hongrie ( AFP / PETER KOHALMI )

Le chef du parti Tisza, Peter Magyar, le 10 avril 2026 lors d'un meeting de campagne à Miskolc, en Hongrie ( AFP / PETER KOHALMI )

Peter Magyar, 45 ans, qui parcourt la Hongrie sans relâche depuis mi-février, s'est engagé lui à améliorer les services publics, en particulier dans la santé et l'éducation.

"Donnez sa chance au changement!", a appelé cet ancien membre du Fidesz lors d'un meeting jeudi, promettant en particulier de s'attaquer à la corruption, de remettre sur pied les institutions démocratiques et de faire de la Hongrie un membre loyal de l'UE, dont elle fait partie depuis 2004.

- Accusations d'ingérence -

"Il est important qu'il y ait vraiment une nouvelle ère, une nouvelle Hongrie vivable", a déclaré à l'AFP Daniel Pasztor, retraité de 60 ans, lors d'un autre meeting vendredi.

"Une victoire de Tisza serait vraiment terrible pour la Hongrie", estime à l'inverse Attila Szoke, un chauffeur de taxi quinquagénaire, jeudi lors d'un meeting de Viktor Orban.

Les analystes s'attendent à un taux de participation record, de l'ordre de 75%, avec de premiers résultats partiels attendus peu après la clôture des votes. Toutefois, en cas de résultats serrés, le vainqueur pourrait ne pas être désigné avant la fin complète du dépouillement samedi, selon le Bureau électoral national.

Alors que l'opposition hongroise craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, des accusations d'ingérence russe et d'achat massif de voix par le Fidesz ont émergé.

Le dirigeant nationaliste a accusé en retour Tisza de "comploter avec des services de renseignement étrangers" pour manipuler les résultats.

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