Les Palestiniens déplacés s'abritent dans un camp de tentes à Deir al-Balah
Les Émirats arabes unis envisagent de construire un complexe immobilier destiné à héberger temporairement des milliers de Palestiniens dans une partie du sud de la bande de Gaza sous contrôle de l'armée israélienne, selon une carte consultée par Reuters et des diplomates au fait du dossier.
Le "complexe immobilier temporaire des Émirats arabes unis" apparaît sur une carte de planification de la reconstruction de la bande de Gaza.
Il serait construit près de Rafah, une ville à la pointe sud de l'enclave palestinienne qui comptait autrefois 250.000 habitants et qui a été presque entièrement détruite et vidée de sa population par l'armée israélienne.
Le plan du président américain Donald Trump pour Gaza prévoit que les travaux de reconstruction débutent dans la région de Rafah, frontalière de l'Egypte et restée sous le contrôle d'Israël depuis l'accord de cessez-le-feu conclu avec le Hamas en octobre dernier.
Les projets de reconstruction sont freinés par le risque d'une reprise des combats, le Hamas n'ayant pour l'instant pas accepté de déposer les armes.
Le projet émirati risque par ailleurs de se heurter à l'hostilité des Gazaouis, qui vivent en grande majorité dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas et refusent pour la plupart de se rendre en zone occupée par Israël, ont souligné les diplomates au fait du dossier.
Selon la carte, le complexe immobilier serait à la limite de la "ligne jaune", la zone de démarcation entre les territoires sous contrôle israélien et palestinien.
Interrogé à ce sujet, un responsable émirati a déclaré que son pays était "déterminé à intensifier ses efforts humanitaires en faveur des Palestiniens à Gaza", sans confirmer ni infirmer ce projet.
Les Émirats arabes unis ont établi des relations diplomatiques avec Israël en 2020 dans le cadre des "accords d'Abraham" négociés par Donald Trump.
D'après l'un des diplomates, l'armée israélienne a dégagé une vaste zone allant de la côte méditerranéenne à Rafah pour permettre la construction de tels projets, présentés par les États-Unis comme des "communautés sûres alternatives".
L'administration Trump espère que la construction de tels logements dans la zone contrôlée par Israël, soit un peu plus de la moitié de l'enclave, puisse encourager les Gazaouis à quitter les territoires contrôlés par le Hamas et par ricochet affaiblir le groupe islamiste.
Mais il faudrait pour cela des constructions à grande échelle, soulignent les experts. "Quelques projets immobiliers ne suffiront pas à vaincre le Hamas", relève Kenneth Katzman, du groupe de réflexion américain spécialisé dans la sécurité Soufan Center.
(Alexander Cornwell; version française Tangi Salaün, édité par Jean Terzian)

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