par Kate Abnett
Les dirigeants de l'Union européenne (UE) tenteront de trouver des solutions rapides pour endiguer la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Iran lors d'un sommet de deux jours qui s'ouvrira jeudi à Bruxelles.
La dépendance de l'UE aux importations énergétiques fait que le bloc est très exposé à la hausse des prix entraînée par la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal 20% du pétrole mondial.
Les prix du gaz ont augmenté de plus de 60% en Europe depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains.
"Cela confirme, une nouvelle fois, que la meilleure des stratégies pour l'UE consiste à assurer la décarbonation des industries", a déclaré le ministre lituanien de l'Energie Zygimantas Vaiciunas.
A court terme, il n'existe cependant "aucun instrument ou remède miracle qui permettrait de faire face facilement à ce défi", a-t-il ajouté.
Certains gouvernements doutent toutefois que l'UE - dont les 27 Etats membres ont des taxes nationales sur l'énergie et des paniers énergétiques très différents - puisse réellement compenser la flambée des prix résultant de la perturbation sans précédent des marchés mondiaux.
"Malheureusement, nous ne trouverons pas de solution miracle", a dit un diplomate européen.
"DES MESURES TEMPORAIRES CIBLÉES"
Un projet de conclusions que Reuters a pu consulter indique que les dirigeants de l'UE chargeraient la Commission européenne de "présenter sans délai une série de mesures temporaires ciblées visant à faire face aux récentes flambées des prix des combustibles fossiles importés".
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté lundi une liste d'options d'urgence que l'exécutif européen étudie.
Elles écartent toute intervention majeure de l'UE, se contentant de promettre des ajustements au système communautaire d'échange de quotas d'émission et suggérant aux gouvernements de réduire les taxes nationales ou d'augmenter les aides d'Etat en faveur des industries en difficulté.
Aucune de ces options ne devrait permettre de réduire considérablement les prix de l'énergie tant que le détroit d'Ormuz restera effectivement fermé.
La manière d'aborder le système d'échange de quotas d'émission, la principale mesure de l'UE en matière de lutte contre le changement climatique, divise notamment les dirigeants du bloc.
Ursula von der Leyen a déclaré que la Commission ajusterait une réserve régulant l'offre de quotas d'émission afin de freiner la hausse des prix à court terme.
Dans leur projet de conclusions, les dirigeants demandent à Bruxelles d'avancer au mois de juillet la révision prévue du système d'échange de quotas d'émission "tout en préservant le rôle essentiel du (système) dans la transition climatique et énergétique" une formulation qui, selon les diplomates, n'a pas recueilli l'adhésion de tous les pays.
Le projet de conclusions fixe également de multiples échéances, dont beaucoup cette année, pour la mise en oeuvre de mesures visant à renforcer la compétitivité de l'UE et à l'aider à rattraper son retard sur ses rivaux – les Etats-Unis et la Chine.
(Avec Jan Strupcewski, Philip Blenkinsop et Lili Bayer; version française Camille Raynaud)

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