(Actualisé avec détails)
par Nidal al-Mughrabi et Emily Rose
Les combats faisaient rage samedi dans le nord de la bande de Gaza, dont les forces israéliennes cherchent à prendre le contrôle afin de se concentrer par la suite sur le sud, et une épaisse fumée planait sur la ville de Djabalia, qui abrite également le plus grand camp de réfugiés de l'enclave.
Les habitants ont fait état de bombardements aériens persistants et de tirs de chars israéliens, qui, selon eux, ont pénétré plus en avant dans la ville.
De son coté, la branche armée du Hamas affirme avoir détruit cinq chars israéliens, tuant et blessant leurs équipages, après avoir réutilisé deux missiles lancés plus tôt par Israël et qui n'avaient pas explosé. Reuters n'a pas été en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante.
Le président américain Joe Biden a discuté samedi de la situation avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison blanche.
Joe Biden n'a pas fourni de détails concernant sa conversation avec Benjamin Netanyahu, qu'il a décrite aux journalistes comme étant "une conversation privée".
"Je n'ai pas demandé de cessez-le-feu", a-t-il toutefois ajouté.
Le Conseil de sécurité de l'Onu
a voté
vendredi en faveur d'une résolution censée accentuer l'aide humanitaire dans l'enclave, sans appeler à un cessez-le-feu.
Les forces de défense israéliennes (FDI) ont déclaré samedi avoir procédé à des tirs dans le quartier d'Issa, dans la ville de Gaza, attirant des dizaines de combattants hors d'un bâtiment servant de quartier général au Hamas.
"Les troupes terrestres et de renseignement des FDI ont ordonné à un avion de chasse de l'IAF de frapper le bâtiment, éliminant les terroristes", a indiqué l'armée.
Selon le ministère palestinien de la Santé, contrôlé par le Hamas, près de 20.000 habitants de Gaza ont été tués au cours de ce conflit qui dure depuis 11 semaines, et des milliers de corps seraient encore piégés sous les décombres. La quasi-totalité des 2,3 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés.
Israël affirme de son côté que 146 de ses soldats ont été tués depuis le lancement de son incursion terrestre le 20 octobre, en réponse à l'attaque du 7 octobre contre Israël par le Hamas, qui a tué 1.200 personnes et fait 240 otages.
Le Hamas a déclaré samedi avoir perdu tout contact avec un groupe qui détenait cinq otages israéliens dans la bande de Gaza en raison des bombardements.
Un porte-parole de l'armée israélienne a estimé que, par ces déclarations, le Hamas pratiquait une forme de "terrorisme psychologique".
Les autorités sanitaires et les médias du Hamas ont fait savoir séparément qu'une frappe aérienne israélienne sur une maison du camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de Gaza, avait tué trois personnes, dont un journaliste de la chaîne de télévision Aqsa TV du Hamas et deux membres de sa famille.
"ILS BOMBARDENT JOUR ET NUIT"
Israël exhorte les habitants à quitter les zones septentrionales de Gaza, mais ses forces ont également bombardé des cibles dans les parties centrales et méridionales de la petite enclave côtière.
"Ils demandent aux gens de se rendre à Deir al Balah (au centre de Gaza), où ils bombardent jour et nuit", a déclaré par téléphone à Reuters Ziad, infirmier et père de six enfants.
"Le droit international s'est effondré... Si Israël se trouvait dans la position dans laquelle se trouvent les Palestiniens, le monde ne resterait pas sans rien faire", a dit Ramzy Aidy, un habitant de Gaza ayant un doctorat en droit.
Pour la première fois en près de deux jours, des sirènes avertissant d'éventuelles attaques de missiles en provenance de Gaza ont retenti samedi dans le sud d'Israël.
Le conflit s'est par ailleurs étendu au-delà de Gaza, notamment en mer Rouge, où les forces houthies du Yémen, alliées à l'Iran, ont attaqué des navires à l'aide de missiles et de drones en représailles à l'assaut d'Israël contre l'enclave.
Un navire marchand affilié à Israël a été heurté par un drone au large de la côte ouest de l'Inde, provoquant un incendie, a déclaré samedi la société britannique de sécurité maritime Ambrey.
Un commandant des Gardiens de la révolution iranienne a déclaré que la mer Méditerranée pourrait être fermée si les États-Unis et leurs alliés continuaient à commettre des "crimes" à Gaza, ont rapporté les médias iraniens samedi, sans donner de précisions.
(Reportage Nidal al-Mughrabi au Caire et Emily Rose à Jérusalem, avec la contribution de Bassam Masoud à Gaza, Michelle Nichols aux Nations unies, Dan Williams à Jérusalem et Nafisa Eltahir au Caire ; version française Kate Entringer et Camille Raynaud)

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