* "Changement d'approche" de Trump sur l'Ukraine-Macron
* Le président américain reste trois jours, dîne à Versailles
* Incertitudes sur l'avenir du protocole d'accord avec l'Iran
* Débats sur les minerais rares et l'intelligence artificielle
Les avancées possibles vers un règlement du conflit en Ukraine ont marqué le sommet du G7 d'Evian-les-Bains, qui a réuni pendant trois jours dans les Alpes françaises les dirigeants des pays parmi les plus prospères du monde, à commencer par le "patron" autoproclamé, l'Américain Donald Trump.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky et ses alliés sont venus en France avec l'espoir de convaincre le locataire de la Maison blanche que les succès de Kyiv sur le terrain empêchaient désormais la Russie de dicter ses conditions pour parvenir à un accord de paix.
Le sommet a été l'occasion d'un "réel changement d'approche" de la part des Etats-Unis sur ce dossier, a estimé le chef de l'Etat français Emmanuel Macron, qualifiant le sommet de "succès".
Les dirigeants "ont trouvé un terrain d'entente (avec Trump) et cela n'est pas toujours tenu pour acquis", a considéré la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, qui plaide pour la nomination d'un émissaire unique de l'Union européenne chargé des relations avec la Russie dans le dossier ukrainien.
Le Canadien Mark Carney a noté pour sa part "un changement de position de la part des États-Unis et du président Trump".
L'année dernière, Donald Trump avait quitté prématurément le sommet du G7 organisé au Canada en raison de la situation au Moyen-Orient. Rien de tel à Evian, où le président américain a participé aux discussions menant vers des déclarations communes sur des sujets comme l'Ukraine, l'intelligence artificielle et les minerais rares.
Avant de rentrer aux Etats-Unis, il dînera ce mercredi au château de Versailles en compagnie d'Emmanuel Macron.
Malgré l'apparente éclaircie dans le dossier ukrainien, l'espoir d'amener Moscou à participer à des négociations de paix repose toujours sur Donald Trump, rendant l'avenir peu prévisible.
"Je suis le patron", a déclaré sans ambages le président américain en arrivant à une séance de travail sur la sécurité économique mondiale.
PROTOCOLE D'ACCORD AVEC L'IRAN
Les pays du G7 ont salué le protocole d'accord passé entre les États-Unis et l'Iran, appelé à être signé vendredi en Suisse, et ils se sont dits prêts à contribuer à sa mise en oeuvre, sans obtenir toutefois aucun engagement de la part du président américain quant aux rôles potentiels de chacun dans le processus.
Les Européens craignent que des négociateurs américains inexpérimentés échouent à conclure un accord nucléaire solide ou à aborder le programme de missiles balistiques de l'Iran dans la prochaine phase, risquant ainsi de prolonger l'impasse.
Parallèlement, Donald Trump a déclaré que le protocole d'accord avec l'Iran n'était pas définitif et que les bombardements pourraient reprendre s'il n'était pas respecté.
"Si je n'aime pas ça, s'ils ne se comportent pas bien, on recommencera à larguer des bombes sur leur tête, d'accord ?", a-t-il menacé.
Malgré un soutien de façade des Européens à cet agrément, les diplomates ont mis en garde contre la difficulté de parvenir à un accord durable sur les programmes nucléaire et de missiles balistiques iraniens.
MINERAIS CRITIQUES
Sur un autre dossier, les dirigeants du G7 sont convenus d'intensifier leur coordination pour réduire leur dépendance à l'égard de la Chine sur les minerais critiques et de renforcer les pouvoirs de l'Agence internationale de l'énergie.
Les puissances occidentales s'efforcent de diversifier leurs sources d'approvisionnement de ces matériaux essentiels à des secteurs comme la défense, les nouvelles technologies et les énergies renouvelables.
L'intelligence artificielle était au menu du déjeuner de mercredi à Evian en présence du co-fondateur d'OpenAI, Sam Altman, et du PDG d'Anthropic, Dario Amodei. Ont été abordées des questions fondamentales comme le rôle futur des robots et la frontière entre mensonge et vérité, redessinée par l'irruption de l'IA.
(Reportage Julia Payne, Michel Rose, John Irish et Steve Holland à Evian, avec Ingrid Melander et Elizabeth Pineau)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer