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Législatives au Népal: le maire de Katmandou Shah l'emporte sur l'ex-Premier ministre Oli
information fournie par AFP 07/03/2026 à 10:39

Le rappeur Balendra Shah (à gauche) devenu maire de Katmandou, qui a remporté son duel contre l'ex-Premier ministre KP Sharma Oil aux législatives, vote le 5 mars 2026 dans la capitale népalaise ( AFP / TAUSEEF MUSTAFA )

Le rappeur Balendra Shah (à gauche) devenu maire de Katmandou, qui a remporté son duel contre l'ex-Premier ministre KP Sharma Oil aux législatives, vote le 5 mars 2026 dans la capitale népalaise ( AFP / TAUSEEF MUSTAFA )

Le rappeur devenu maire de Katmandou Balendra Shah a remporté le duel emblématique qui l'opposait à l'ex-Premier ministre KP Sharma Oli lors des élections législatives de jeudi au Népal, six mois après l'insurrection des jeunes de la Génération Z.

Selon le dépouillement de 70% des bulletins publié samedi par la Commission électorale, M. Shah, 35 ans, a recueilli plus de 47.500 voix dans la circonscription de Jhapa 5 et ne peut plus être rejoint par M. Oli, 74 ans, crédité de seulement 12.600 voix.

Si sa victoire et l'avance prise par son parti dans le reste du pays se confirment, "Balen" Shah devrait prendre la tête du nouveau gouvernement, et consacrer l'arrivée au pouvoir au Népal d'une nouvelle génération de dirigeants.

Sans attendre, sa victoire désormais inéluctable a été acclamée par ses partisans, rassemblés devant le centre de dépouillement du district de Jhapa.

"J'étais sûre qu'il allait gagner, je suis ravie", a déclaré à l'AFP Annie Thapa, 24 ans. "J'espère sincèrement qu'il va faire du bien au pays. Les gens attendent beaucoup de +Balen+ et il aura beaucoup de pression sur lui, mais je crois qu'il s'en sortira et qu'il obtiendra de bons résultats".

Le duel entre le chef du Parti communiste népalais Oli, renversé en septembre dernier lors de la "révolution" de la Gen Z et le populaire maire de Katmandou, qui s'est imposé comme un des porte-voix de la contestation, était le plus suivi de tout le scrutin.

Symbole de la vieille garde qui s'est partagé le pouvoir au Népal depuis la fin de la guerre civile en 2006 et l'abolition de la monarchie deux ans plus tard, KP Sharma Oli a occupé quatre fois le poste de Premier ministre.

Selon les derniers chiffres partiels publiés samedi, le Rastriya Swatantra Party (RSP, centriste) de M. Shah était en passe de remporter une solide majorité en sièges à la Chambre des représentants, qui en compte 275.

Samedi après-midi, les résultats partiels créditaient le RSP de déjà 39 sièges, contre cinq au Congrès népalais et deux au parti de M. Oli.

- "Raz-de-marée électoral" -

Dépouillement des bulletins de vote des législatives au Népal, à Damak, dans le district de Jhapa district, le 7 mars 2026 ( AFP / Prakash MATHEMA )

Dépouillement des bulletins de vote des législatives au Népal, à Damak, dans le district de Jhapa district, le 7 mars 2026 ( AFP / Prakash MATHEMA )

Le RSP était également en tête dans 90 des 117 autres circonscriptions attribuées au suffrage majoritaire, selon le dépouillement toujours en cours publié par la commission électorale.

La publication des résultats des 165 sièges répartis au scrutin majoritaire devrait intervenir lundi, a indiqué son porte-parole, Narayan Prasad Bhattarai.

Mais le visage de la nouvelle chambre basse du Parlement ne sera connu que plus tard. "Selon nos prévisions, il va falloir une semaine pour compter les sièges attribués à la proportionnelle", a ajouté M. Bhattarai.

"Nous nous dirigeons vers un raz-de-marée électoral qui reflète la frustration accumulée dans le pays", a commenté pour l'AFP l'analyste Chandra Dev Bhatta.

"C'est en quelque sorte la révolte du peuple contre les partis politiques établis", a-t-il ajouté. "Le peuple comprend que les nouveaux n'ont pas forcément de programmes très établis mais ils sanctionnent les anciens partis pour leur mauvaise gouvernance".

Les 8 et 9 septembre, le Népal a été secoué par une violente insurrection conduite par la "Gen Z".

Partie du refus du blocage des réseaux sociaux par le gouvernement de M. Oli, la colère des manifestants s'est élargie à la dénonciation de la corruption des élites et au refus du chômage, qui contraint de nombreux Népalais à s'expatrier pour trouver un emploi.

Ces deux jours d'émeutes se sont soldés, selon le bilan officiel, par 77 morts, des centaines de blessés et la destruction et le pillage de nombreux bâtiments officiels, dont le Parlement, et de commerces.

Après six mois d'un gouvernement de transition dirigé par l'ex-cheffe de la Cour suprême Sushila Karki, près de 19 millions de Népalais étaient appelés aux urnes pour ces élections législatives, présentées comme les plus ouvertes depuis 20 ans dans le pays himalayen.

Selon la commission électorale, le taux de participation au scrutin, qui s'est déroulé dans le calme, a atteint 59%.

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