Le programme de défense était miné depuis des années par les rivalités industrielles entre Airbus et Dassault.
Le projet Scaf était notamment paralysé par la rivalité entre Airbus et Dassault (illustration) ( AFP / LUDOVIC MARIN )
Le dernier clou dans le cercueil. Le chancelier Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun" , le SCAF, a appris l'AFP lundi 8 juin auprès du gouvernement allemand.
Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir. Cette fois, il semble enterré définitivement.
"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand. "Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.
Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".
Au-delà de l'avion, les autres composantes du Scaf en suspens
En début d'année 2026, Airbus avait ainsi ouvert la porte à une solution à deux avions de combat distincts, développés l'un par l'Allemagne et ses éventuels partenaires, l'autre par la France. Sur le plan militaire, les deux pays sont confrontés à des exigences opérationnelles divergentes, Paris ayant par exemple besoin d'un chasseur capable d'aponter sur un porte-avions de nouvelle génération, à la différence de Berlin.
Si le projet d'avion de chasse commun est ainsi abandonné, le futur d'autres piliers du SCAF (moteur, cloud tactique, capteurs, furtivité...) est encore incertain. Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen" . "Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.
Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.
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