Le premier tour des élections municipales en France
Près de six électeurs sur dix se sont déplacés dimanche pour le premier tour des élections municipales en France, scrutin local qui permet aux formations politiques, dont un Rassemblement national en progression, de mesurer leur poids électoral à un an de la présidentielle et des législatives de 2027.
Au terme de ce vote qui a enregistré un taux de participation de 57,6% selon une projection Elabe - en hausse par rapport à 2020, en pleine pandémie de COVID-19 (44,66%) mais moins qu'en 2014 (63,55%) -, l'incertitude dominait dans les plus grandes villes, à commencer par Paris, où la droite ambitionne de mettre fin à 25 années de gestion de gauche, arrivée en tête dimanche.
Près de 49 millions de Français étaient appelés aux urnes pour ce premier tour qui a donné une équipe municipale aux 23.679 communes (sur près de 35.000) qui ne comptaient qu'une seule liste.
Un second tour sera nécessaire le 22 mars dans la plupart des autres villes pour ce premier test électoral depuis la dissolution de 2024.
Le Rassemblement national, qui espère s'ancrer localement grâce à ce scrutin pour mieux aborder l'élection présidentielle, a salué la victoire au premier tour de Louis Aliot, réélu à Perpignan, ville de plus de 100.000 habitants conquise en 2020.
A Beaucaire (Gard), le RN Nelson Chaudon, successeur de Julien Sanchez, l'a lui aussi emporté dimanche tout comme David Rachline à Fréjus (Var) et Steeve Briois à Hénin-Beaumont (Nord).
"Le RN tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes", a déclaré le président du RN, Jordan Bardella, dans une allocution à Beaucaire. "Le changement n'attend pas 2027, il commence dès dimanche prochain."
A Toulon, autre ville convoitée par l'extrême droite, la députée RN Laure Lavalette se retrouve dans une triangulaire après avoir remporté 39,40% des voix, selon une projection Elabe.
Du côté du "bloc central", une triangulaire se profile au Havre, où l'ancien Premier ministre Edouard Philippe est arrivé largement en tête avec 43% des voix selon Elabe, devant le communiste Jean-Paul Lecoq (33,3%) et le candidat RN Franck Keller, à plus de 15%.
"J'appelle au plus large rassemblement possible", a déclaré le président d'Horizons, qui a subordonné sa candidature à l'élection présidentielle à une victoire au Havre.
A Nice, le maire sortant (Horizons) Christian Estrosi est arrivé en deuxième position (31,8% selon Elabe), dix points derrière Eric Ciotti (41,5%), allié du Rassemblement national et partisan de l'union des droites.
"LA DROITE SE RENFORCE", DIT RETAILLEAU
Le président de Renaissance, Gabriel Attal, s'est félicité devant la presse de l'élection d'une centaine de maires de son mouvement dès le premier tour.
"Nous ne participerons à aucune alliance, ni avec l'extrême gauche de La France insoumise, ni avec l'extrême droite", a-t-il dit.
Le maire de Vernon (Eure), François Ouzilleau, a été élu dès le premier tour, ce dont s'est félicité le Premier ministre Sébastien Lecornu, troisième sur cette liste normande.
Le parti Les Républicains (LR), qui administre près de 60% des communes de plus de 30.000 habitants, a dit son espoir de conserver une puissante base territoriale.
"La droite fait mieux que résister, la droite se renforce", a dit le président de LR Bruno Retailleau, candidat à l'Elysée, appelant à faire barrage à La France insoumise (LFI).
A gauche, Manuel Bompard, coordonnateur de LFI, a souligné devant la presse la "progression remarquable" de son mouvement, en tête à Roubaix (Nord), à Limoges (Haute-Vienne) et au coude-à-coude pour la première place avec le candidat représentant le reste de la gauche à Lille.
"Face à la droite et à l'extrême droite, l'heure est à la responsabilité", a dit le député insoumis, qui a appelé à la "constitution d'un front antifasciste" et à la fusion des listes de gauche "en mesure de se qualifier au second tour".
Bien implanté localement, le Parti socialiste (PS) a exclu tout accord national pour le premier et le second tour avec LFI, ce que le Premier secrétaire Olivier Faure a confirmé dimanche.
"J'appelle à la mobilisation la plus large", a dit le dirigeant socialiste.
"La marche de l'extrême droite de l'Elysée n'a rien d'inéluctable, seule la résignation est fatale", a-t-il ajouté, estimant en outre que (le chef de file de LFI) "Jean-Luc Mélenchon n'a pas la capacité d'emmener la gauche vers la victoire".
PAYAN ET ALISIO EN TÊTE À MARSEILLE
Arrivé en tête à Paris, le candidat de la "Gauche unie" Emmanuel Grégoire a appelé à se mobiliser "face à la droite extrémisée prête à se corrompre avec l'extrême droite".
Selon des projections Elabe, l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo est arrivé en tête avec 37,50% des voix devant l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati (24,9%).
Autour de 12%, le centriste Pierre-Yves Bournazel (Horizons, Renaissance) et la candidate insoumise Sophia Chikirou, sont en mesure de se maintenir au second tour. La candidate Reconquête Sarah Knafo était quant à elle incertaine, autour de 10%.
Rachida Dati a lancé un appel aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo, contre "une gauche sectaire et à bout de souffle".
Tout est ouvert à Marseille où le maire de gauche sortant Benoît Payan est arrivé en tête avec 36,80% des voix selon Elabe, juste devant le candidat du RN Franck Alisio (34,30%), loin devant la candidate LR soutenue par Renaissance et Horizons Martine Vassal (13%) et le candidat LFI Sébastien Delogu (12%).
A Lyon, l'ancien patron de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, 76 ans, qui fait ses débuts en politique avec le soutien des Républicains (LR) et de Renaissance, est arrivé derrière le maire sortant écologiste Grégory Doucet (35,4% contre 37,3% selon un sondage france Télévisions CESI).
L'une des inconnues réside dans le possible rapprochement entre le RN et Les Républicains (LR) entre les deux tours.
Toute liste ayant recueilli plus de 5% des suffrages peut fusionner, d'ici mardi soir, avec une autre liste dans l'entre-deux-tours.
(Elizabeth Pineau et Sophie Louet, édité par Blandine Hénault)

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