L'unique centrale nucléaire du pays asiatique, la centrale de Bataan, n'avait jamais été mise en service en raison de problèmes de corruption et de préoccupations en matière de sécurité.
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr, à Tokto, le 28 mai 2026 ( POOL / RODRIGO REYES MARIN )
Face au choc pétrolier causé par le conflit au Moyen-Orient qui frappe l'économie du pays, le président philippin Ferdinand Marcos a estimé qu'il était "peut-être temps" pour les Philippines et ses 117 millions d'habitants de considérer un retour vers l'atome comme source d'énergie. "Il est peut-être temps pour nous de repenser à la production d'énergie nucléaire" , a-t-il ainsi déclaré dans un discours télévisé diffusé lundi 27 juillet.
Environ 30% des importations de pétrole brut des Philippines transitent par le détroit d'Ormuz, le reste provenant de raffineries asiatiques qui dépendent aussi du brut du Moyen-Orient. "Nous veillerons à ce que cela soit sans danger" et "à ce que les avantages de l'énergie nucléaire soient bien expliqués", a ajouté le chef de l'Etat.
La ministre de l’Energie, Sharon Garin, avait envisagé en mars une augmentation de la production des centrales à charbon afin de limiter la hausse des tarifs de l’électricité.
Le retour au nucléaire, une "évidence"?
Sans aucune centrale en service après l'échec d'un projet remontant aux années 80, les Philippines ont mené des discussions avec plusieurs pays disposant de l'énergie nucléaire, notamment le Japon, la France, la Russie et les Etats-Unis. En mai 2024, les Philippines avaient annoncé un accord avec les Etats-Unis visant à former des Philippins à la construction et à l'exploitation de centrales nucléaires. Cet accord vise, selon Washington, à aider les Philippines à se doter d'une main-d’œuvre qualifiée, capable de construire et de faire ensuite fonctionner des centrales nucléaires.
Carlo Arcilla, ancien directeur de l’Institut philippin de recherche nucléaire, a jugé auprès de l'AFP que le retour de l'option nucléaire dans le pays était "une évidence", en complément notamment des centrales hydroélectriques. Lundi, quelque 3.000 manifestants se sont rassemblés pour dénoncer un scandale de corruption lié à de faux projets de protection contre les inondations, qui auraient coûté des milliards de dollars aux contribuables.
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