Les projets d'énergies renouvelables (ENR) de grande dimension dont le coût de production est le plus compétitif, pourraient être financés par le Livret A ( AFP / DENIS CHARLET )
Les projets d'énergies renouvelables (ENR) de grande dimension dont le coût de production est le plus compétitif, pourraient être financés par le Livret A, comme le prévoit le gouvernement pour les futurs réacteurs nucléaires, selon un rapport remis au gouvernement jeudi et consulté par l'AFP.
"L'Etat pourrait faire en sorte qu’une partie du financement de certains projets ENR soit apportée par les fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations (+Livret A+), ce qui diminuerait le coût de la dette portée par les projets", écrivent les auteurs de ce rapport.
Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d'EDF (2014-2022), et le haut fonctionnaire Thierry Tuot, conseiller d'Etat et ex-directeur général de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), ont été chargés en décembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'évaluer le coût des énergies renouvelables pour les finances publiques et leur impact sur le système électrique.
Selon eux, un tel dispositif pourrait être proposé aux lauréats des projets dont le coût au mégawattheure (MWh) produit "est le plus compétitif, en pratique (...) les projets de grande dimension" - projets éoliens terrestres, solaires et "tout particulièrement" les éoliennes maritimes.
Cette recommandation figure parmi les 45 de ce rapport sur "l'optimisation des soutiens publics aux énergies renouvelables électriques et au stockage". Un sujet sensible: le coût des énergies éoliennes et solaires s'est retrouvé ces derniers mois au coeur des débats enflammés sur la stratégie énergétique de la France entre parlementaires pro-renouvelables et pro-nucléaire.
Selon les auteurs, l'aide de l'Etat au photovoltaïque et à l'éolien est passée de 2,6 milliards d'euros en 2024 à 5,3 milliards en 2025 et 6,8 milliards au moins en 2026.
Et ces soutiens "pourraient dans les 5 années qui viennent atteindre, voire dépasser, une charge annuelle de 10 milliards d'euros pour l’Etat", estiment-ils.
Pour réduire ce coût, ils préconisent d'encourager les productions d'électricité commercialisées via des accords contractuels privés (Power purchase agreement, PPA) avec un système d'assurance mis en oeuvre par l'Etat, pour réduire les volumes d'heures à prix négatifs, lorsque la production dépasse la demande, ce qui pèse sur les finances publiques.
Il est par ailleurs "indispensable" d'accroître les capacités de stockage par batteries pour pallier la variabilité de l'éolien et du solaire et ainsi "augmenter l'efficience du soutien public à ces énergies".
MM. Lévy et Tuot soulignent en revanche que les durées d'instruction des projets renchérissent les coûts, notamment en comparaison des pays voisins.
"Des installations aussi compétitives que celles de nos voisins réduiraient de plus d'un milliard d’euros les soutiens publics directs chaque année", écrivent-ils.

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