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Le Liban annonce des discussions avec Israël mardi à Washington
information fournie par AFP 11/04/2026 à 00:32

La fumée de frappes aériennes israéliennes dans le sud du Liban, le 10 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

La fumée de frappes aériennes israéliennes dans le sud du Liban, le 10 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

La présidence libanaise a annoncé vendredi soir la tenue mardi d'une rencontre avec Israël à Washington afin de discuter d'un cessez-le-feu dans la guerre qui ravage le pays depuis début mars, Israël refusant en revanche de discuter avec le Hezbollah.

"Il a été convenu d'organiser une première réunion mardi au département d'Etat afin de discuter de l'instauration d'une trêve et de la date du début des négociations entre le Liban et Israël sous l'égide des Etats-Unis", selon le communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait la veille donné son feu vert à des "négociations directes" entre les deux pays en état de guerre depuis des décennies.

Mais Israël a affirmé vendredi qu'il ne discuterait pas avec le mouvement pro-iranien Hezbollah lors de ces pourparlers.

Lors d'une rencontre avec son homologue libanais visant à organiser ces discussions, l'ambassadeur israélien Yechiel Leiter "a refusé de discuter d'un cessez-le-feu avec l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Après l'entrée en vigueur mercredi du cessez-le feu entre les Etats-Unis et l'Iran, Israël a soutenu que le Liban n'était pas inclus dans cet accord, intensifiant depuis ses attaques contre le mouvement islamiste Hezbollah, un allié de Téhéran.

Mercredi, des frappes israéliennes massives ont tué 357 personnes et fait 1.223 blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, ajoutant qu'il était provisoire.

Les opérations de recherches dans les décombres se poursuivent, "un important nombre de restes humains" nécessitant des tests ADN.

L'armée israélienne a affirmé avoir "éliminé plus de 180 membres" du Hezbollah dans ces frappes, lancées sans avertissement sur des zones résidentielles densément peuplées de la capitale.

Treize membres des forces de sécurité libanaises ont par ailleurs été tués vendredi à Nabatiyé, dans le sud du pays, par de nouvelles frappes visant le complexe administratif du centre-ville.

- "Crimes sanglants" -

"Cette perte douloureuse ne fait que renforcer notre détermination à obtenir un cessez-le-feu qui protégera le Liban et notre population dans le sud", a réagi le Premier ministre Nawaf Salam.

Photo prise le 10 avril 2026 lors d'une visite organisée par le bureau de presse du Hezbollah, montrat les décombres d'un immeuble du quartier Hay al-Selloum à Beyrouth, ciblé par une frappe israélienne plus tôt cette semaine ( AFP / FADEL itani )

Photo prise le 10 avril 2026 lors d'une visite organisée par le bureau de presse du Hezbollah, montrat les décombres d'un immeuble du quartier Hay al-Selloum à Beyrouth, ciblé par une frappe israélienne plus tôt cette semaine ( AFP / FADEL itani )

Le président Joseph Aoun a lui appelé la communauté internationale à "assumer ses responsabilités pour mettre fin aux agressions israéliennes répétées".

Au total, 1.953 personnes ont été tuées par les bombardements israéliens, et plus de 6.300 blessées depuis le début de la guerre le 2 mars, selon les autorités libanaises.

Israël assure avoir "démantelé" sur la période plus de 4.300 infrastructures du Hezbollah et tué plus de 1.400 combattants du groupe chiite lors de frappes et d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

Le Hezbollah ne communique pas sur ses pertes depuis le début du conflit.

Dans un message diffusé par la chaîne du groupe, al-Manar, le chef du mouvement Naïm Qassem a appelé les responsables libanais à "arrêter de faire des concessions gratuites" à Israël, avant les discussions prévues entre les deux pays.

Vendredi soir à Beyrouth, des dizaines de personnes, certaines brandissant des drapeaux du Hezbollah ou de l'Iran, ont protesté contre ces futures négociations, a constaté un photographe de l'AFP. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans d'autres quartiers de la capitale.

En "riposte" aux "crimes sanglants" d'Israël, le Hezbollah a annoncé vendredi avoir lancé des missiles sur une base navale militaire de la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, ainsi que des tirs de roquettes sur le nord du pays.

L'armée israélienne a recensé une trentaine de tirs depuis le Liban, faisant état uniquement de dégâts matériels.

Un véhicule militaire israélien sur une route du sud du Liban, près de la frontière israélienne, le 10 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Un véhicule militaire israélien sur une route du sud du Liban, près de la frontière israélienne, le 10 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Israël avait lancé jeudi un nouvel ordre d'évacuation pour de vastes quartiers densément peuplés du sud de Beyrouth, sans toutefois mettre sa menace à exécution vendredi soir.

La zone inclut la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, mais également des quartiers abritant deux hôpitaux ainsi que la route de l'aéroport.

Le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait appelé Israël à "annuler" cet ordre et "à garantir la protection de tous les établissements de santé, du personnel de santé, des patients et des civils".

Selon un diplomate occidental interrogé par l'AFP, "des pressions diplomatiques sont en cours sur Israël de la part de pays européens, d'Etats du Golfe et de l'Egypte pour éviter le renouvellement des frappes israéliennes sur Beyrouth, après le +mercredi noir+".

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