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Le gouvernement débute de délicates discussions sur le budget 2025
information fournie par Reuters 06/01/2025 à 15:14

Le ministre de l'Economie Eric Lombard

Le ministre de l'Economie Eric Lombard

Le ministre de l'Economie, Eric Lombard, a entamé lundi une série de réunions avec les différents partis représentés à l'Assemblée nationale pour discuter de l'élaboration du nouveau projet de budget 2025, un exercice délicat sur lequel pèse une menace de censure sur fond de forte dégradation des finances publiques.

Alors que le précédent exécutif mené par Michel Barnier prévoyait de ramener le déficit public de 6,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5% en 2025, le nouveau gouvernement de François Bayrou table sur un chiffre plus élevé.

"Si on vise 5%, c'est un écart de plus de 1% [par rapport à 2024], je pense que c'est trop. Parce qu'il faut aussi soutenir l'économie (...) il faut protéger la croissance", a dit Eric Lombard lundi sur France Inter.

"Donc on vise un déficit (...) qui se situerait entre 5% et 5,5%", a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, l'effort budgétaire attendu pour 2025 sera moindre que celui porté par le précédent gouvernement - de l'ordre de 60 milliards d'euros -, dont le projet de budget a provoqué sa chute en décembre avec une motion de censure adoptée à l'Assemblée nationale.

"Dès lors que l'on a un peu assoupli le sujet, on est plutôt autour de 50 milliards d'euros. Ce sera essentiellement des économies, il n'y aura pas de hausses d'impôts par rapport à celles qui ont déjà été annoncées", a déclaré Eric Lombard.

Le gouvernement de Michel Barnier prévoyait des économies massives de 41,3 milliards d'euros et 19,3 milliards d'euros de recettes supplémentaires via une hausse significative des impôts, notamment sur les plus fortunés et les grandes entreprises.

Interrogé sur la taxe concernant les grandes entreprises, le ministre de l'Economie a indiqué qu'un "même mécanisme" était envisagé pour rapporter huit milliards d'euros en 2025 - comme prévu dans le précédent budget. "Le principe demeure", a-t-il dit.

Concernant les plus Français les plus riches, il a écarté de les taxer davantage mais a dit vouloir veiller à "ce que le niveau d'impôts qu'ils paient soit homogène à celui que paient les autres Français", disant voir sur ce point "des convergences possibles" avec le Parti socialiste (PS), mais aussi avec les Écologistes et le Parti communiste français (PCF).

CONVAINCRE LA GAUCHE

Les représentants du PS ont été reçus à la mi-journée à Bercy pour discuter avec Eric Lombard et la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.

"Nous voulons une négociation avec chacun qui fait des pas", a déclaré à la sortie de la réunion le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "Nous sommes prêts à en faire mais nous demandons aussi à ce que soient respectés ceux que nous représentons collectivement à gauche", a-t-il dit à la presse.

Olivier Faure a indiqué que les échanges avec le gouvernement se poursuivraient "dans les prochains jours" pour aboutir "à des avancées significatives" avant le discours de politique générale du Premier ministre au Palais-Bourbon prévu le 14 janvier.

Dans le cadre des discussions, les Écologistes seront également reçus mercredi à Bercy avant le Rassemblement national (RN) vendredi, a indiqué sur France Inter Eric Lombard. "Je recevrai tout le monde", a-t-il assuré.

Le ministre a toutefois clairement indiqué qu'il n'entendait pas répondre aux "lignes rouges" budgétaires posées par le RN qui avait obtenu du précédent gouvernement l'abandon de l'augmentation des taxes sur l'électricité et du déremboursement supplémentaire de médicaments mais pas la réindexation des pensions sur l'inflation pour tous les retraités au 1er janvier 2025.

Le RN avait de fait ajouté ses voix à la gauche pour faire adopter la motion de censure contre le gouvernement Barnier, provoquant sa chute.

"La démarche par lignes rouges est une démarche qui coince tout le monde", a estimé lundi Eric Lombard, qui juge qu'il y a "plus de perspectives d'un dialogue fécond avec les partis de gauche".

"Ce n'est pas une négociation. On va écouter, on va intégrer et on va faire une synthèse. On va la proposer aux partis et ils se positionneront", a-t-il détaillé.

Interrogée aussi lundi sur les discussions concernant le budget, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a estimé sur France 2 que le travail parlementaire sur cette question pourrait débuter à la mi-janvier après les consultations avec les forces politiques, pour une adoption "courant février".

(Rédigé par Blandine Hénault, avec la contribution de Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)

23 commentaires

  • 07 janvier 09:34

    Avec .....La ....tronche qu'il se paye on dirait qu'il a avalé un balai .


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