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Les Houthis accusent l'Arabie saoudite d'avoir mené de nouvelles frappes meurtrières au Yémen
information fournie par AFP 22/09/2026 à 22:36
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Des partisans des autorités houthies défilent lors d'un rassemblement visant à recruter de nouveaux combattants, le 10 septembre 2026 à Sanaa, au Yémen ( AFP / Mohammed HUWAIS )

Des partisans des autorités houthies défilent lors d'un rassemblement visant à recruter de nouveaux combattants, le 10 septembre 2026 à Sanaa, au Yémen ( AFP / Mohammed HUWAIS )

Les Houthis du Yémen ont accusé mardi Ryad d'avoir mené des frappes meurtrières contre un port de la mer Rouge, plusieurs jours après l'offensive qui leur a permis de consolider leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, stratégique pour les flux énergétiques mondiaux.

S'inquiétant d'une "instabilité économique mondiale", le G7 a exprimé son "entière solidarité" avec le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et son allié saoudien, et pressé les combattants pro-iraniens de cesser leurs attaques au Yémen et contre l'Arabie saoudite voisine.

La reprise des hostilités au Yémen, avec une offensive éclair des Houthis vers le littoral de la mer Rouge qu'ils contrôlent désormais entièrement, affecte déjà fortement l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, avec une chute du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Ce passage reliant l'Europe à l'Asie via la mer Rouge et le canal de Suez était devenu encore plus important pour l'Arabie saoudite depuis que l'Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d'Ormuz de l'autre côté de la péninsule arabique, en représailles à l'attaque israélo-américaine contre Téhéran fin février, qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient.

Civils tués au Yémen

Ryad échoue pour l'heure à faire reculer les Houthis, malgré des bombardements quotidiens sur leurs positions au Yémen.

Des frappes aériennes dans la nuit sur la ville portuaire de Mokha, aux mains des Houthis depuis le 10 septembre, ont tué six civils dont deux enfants et une femme, selon ces combattants pro-iraniens qui ont aussi annoncé la mort dans d'autres frappes sur le nord-ouest du pays d'une femme et de son enfant, ainsi que celle de neuf détenus dans une prison.

Les frappes saoudiennes contre les Houthis ont fait des centaines de morts depuis début septembre, selon les Houthis, dont le porte-parole militaire, Yahya Saree, a fait état mardi de 19 raids aériens au cours des dernières 24 heures, ciblant plusieurs gouvernorats et faisant "des morts et des blessés, dont des enfants et des femmes".

Les Houthis continuent eux à cibler le royaume saoudien, affirmant viser ses infrastructures énergétiques et militaires.

Les autorités saoudiennes communiquent peu sur ces attaques mais émettent régulièrement des alertes de "danger potentiel", appelant les habitants à se mettre à l'abri, comme ça a été le cas mardi dans la province de Najran.

Elles annoncent parfois des interceptions, des dégâts ou des victimes. Le 15 septembre, les autorités avaient fait état d'un tir de drone vers La Mecque. Les combattants pro-iraniens avaient démenti toute attaque contre ce lieu saint.

D'après plusieurs médias, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, a exhorté le président Trump à frapper les Houthis, sans résultat à ce stade.

Rencontre irano-américaine

La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa puis d'autres régions, déclenchant en 2015 une intervention militaire menée par l'Arabie saoudite. Une trêve avait été conclue en 2022 mais les combats ont repris en juillet.

Carte montrant le tracé de l’oléoduc est-ouest de l’Arabie saoudite, qui pouvait transporter jusqu’à 7 millions de barils de pétrole par jour et contourner les points de passage stratégiques de Bab el-Mandab et du détroit d’Ormuz, avant d’être fermé à la suite d’une attaque de drones ( AFP / Sherine ELSAYARY )

Carte montrant le tracé de l’oléoduc est-ouest de l’Arabie saoudite, qui pouvait transporter jusqu’à 7 millions de barils de pétrole par jour et contourner les points de passage stratégiques de Bab el-Mandab et du détroit d’Ormuz, avant d’être fermé à la suite d’une attaque de drones ( AFP / Sherine ELSAYARY )

Plus de 130.000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis début septembre lorsque les Houthis ont lancé une offensive dans l'ouest du pays, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui a dit mardi s'attendre à de nouveaux déplacements massifs ces prochains mois.

Aux Etats-Unis, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a rencontré l'émissaire américain Steve Witkoff à qui il a communiqué les conditions de Téhéran pour une réouverture d'Ormuz, selon un média iranien.

Donald Trump avait parlé plus tôt d'une "très bonne" réunion entre des responsable iranien et américain, et en assurant qu'une autre discussion était prévue "dans un futur très proche".

Un peu plus tôt à la tribune de l'ONU, il avait dit qu'il avait le choix entre "anéantir" l'Iran ou passer un accord, en prédisant qu'une solution diplomatique serait trouvée après les élections législatives de novembre aux Etats-Unis.

Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de l'Iran, ont promis de leur côté d'"intensifier" leur riposte en cas d'attaque américaine.

4 commentaires

  • 18:30

    En bloquant le détroit de Bab-el-Mandeb et en bombardant les oléoducs de l'Arabie Séoudite, les Houthis sont en train de se faire détester par tous les consommateurs de pétrole et de gaz du monde : ça fait vraiment beaucoup de gens !


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