Incendie de forêt dans le département de la Gironde
Le feu "très rude" qui sévit dans la région touristique du Cap-Ferret (Gironde) a parcouru 3.100 hectares et se trouvait jeudi au nord de Lège-Cap-Ferret, ce qui a nécessité l'évacuation préventive de 8.800 vacanciers, ont déclaré la préfète de Gironde et le directeur du service départemental d'incendie et de secours du département.
La commune de Lège-Cap-Ferret, sur la presqu'île entre le bassin d'Arcachon et l'océan Atlantique, compte 11 villages et quartiers dont le village de Claouey, sur lequel se concentraient les efforts jeudi.
Les autorités ont ordonné l'évacuation de deux campings et d'un village vacances (VVF) dans cette localité, soit 8.800 personnes, a précisé lors d'un point de presse la préfète Sophie Brocas.
Le directeur du service départemental d'incendie et de secours du département, Marc Vermeulen, avait déclaré à la mi-journée que le feu se trouvait "à peu près à 300 mètres des premières habitations de Lège".
Dans un point transmis à 15h45 sur X, la préfère précise que "le feu n'est pas encore stabilisé" mais qu'il "reste contenu au nord de la commune de Lège". A la mi-journée, les pompiers faisaient état de 2.400 hectares brûlés, 700 hectares de plus s'y sont ajoutés depuis selon le Sdis.
Dix-mille personnes avaient déjà été évacuées dans la nuit de mercredi à jeudi en raison de l'intensité de l'incendie qui s'est déclaré dans la zone de Saumos et du Temple, progressant ensuite vers le sud en direction du Porge et de Lège-Cap-Ferret. L'accès à la presqu'île du cap Ferret a été fermé, a déclaré le maire de Lège-Cap-Ferret Philippe de Gonneville sur BFMTV.
Le feu survenu sur un terrain tourbeux est difficile à maîtriser pour les 700 sapeurs-pompiers sur place, dont un contingent parisien, en raison de conditions météorologiques défavorables, à savoir des "vents erratiques", a souligné Sophie Brocas. "C'est un feu très rude."
Le sinistre n'a pas fait de blessé à ce stade et une maison isolée a été détruite par les flammes, a-t-elle ajouté.
La préfecture maritime de l'Atlantique a demandé sur X à tous les moyens nautiques civils (voiliers, bateaux à moteur, kayaks, paddles, engins de plage)" de "s'abstenir de s'approcher des côtes concernées par les émanations de fumée et des zones d'intervention des secours", dans l'ouest du bassin d'Arcachon.
"ON NE BAISSE PAS LA GARDE"
L'évolution de la situation est difficile à appréhender, a déclaré Marc Vermeulen. Le responsable s'attend à un tableau complexe en début de soirée en raison d'une hausse des températures et de "vents très changeants" qui vont gagner en force, selon les prévisions de Météo France. "On ne baisse pas la garde".
La forêt des Landes de Gascogne, dans sa partie girondine, avait été le théâtre de feux sans précédent de juillet à septembre 2022 qui avaient détruit plus de 32.000 hectares.
Dans le Var, où un autre incendie a dévasté au moins 2.500 hectares ces derniers jours, plusieurs réactivations du feu ont pu être contenues mercredi par les plus de 1.000 sapeurs-pompiers mobilisés.
La préfecture du Var a annoncé jeudi sur X "plusieurs reprises (...) sur le flanc gauche et le flanc droit du feu", qui menace Cotignac, Pontevès et Correns.
Face aux critiques dénonçant le manque de moyens, notamment aériens, dont dispose le gouvernement, la porte-parole de l'exécutif, Maud Bregeon, a confirmé jeudi sur BFMTV qu'un avion militaire A400M converti en bombardier d'eau serait déployé dans les prochains jours dans le cadre de la lutte contre les incendies, d'une ampleur exceptionnelle cette année.
"Un système spécifique a été (...) mis au point qui permettra à l'A400M d'ici à la fin juillet d'être déployé en appui du reste des moyens conventionnels", a-t-elle dit.
"L'A400M ainsi équipé aura la possibilité de larguer 20 tonnes de retardant, soit l'équivalent du largage de deux avions DASH, dans des conditions d'emploi complémentaires, l'A400M intervenant en amont des feux afin de sécuriser les zones les plus vulnérables", a précisé de son côté le ministère des Armées dans un communiqué, ajoutant que les premiers engagements sur le terrain pourraient intervenir "sous une dizaine de jours".
(Avec Stéphane Mahé à Lège-Cap-Ferret, rédigé par Jean-Stéphane Brosse et Sophie Louet)

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