Le député LFI Carlos Martens Bilongo sur les bancs de l'Assemblée nationale, à Paris le 21 octobre 2025 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )
"Retourne dans ton pays avant de recevoir une balle dans la tête, il faut te tuer sale nègre de merde", "député babouin"... Le député LFI Carlos Martens Bilongo a déposé plainte à Paris, après avoir reçu une série de lettres anonymes de menaces de mort racistes.
Confronté à un "déchaînement de haine raciste", le parlementaire a déposé plainte contre X pour "menaces de mort" à caractère raciste, et "injures non publiques", ont annoncé ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Chirinne Ardakani à l'AFP.
"Ce déchaînement de haine raciste à l'encontre du député est loin d’être isolé et s’inscrit dans un procédé désormais systémique impliquant, pour une large part, des influenceurs, certains médias et personnalités politiques se revendiquant de mouvances identitaires", expliquent-ils dans un communiqué.
En cause, une série de neuf lettres anonymes d'une violence extrême (dont l'une signée "Maréchal Pétain" et l'autre "GUD", un syndicat étudiant d'extrême droite dissous) reçues début janvier par le député du Val-d'Oise.
"Tu vas l'avoir dans le cul espèce de sale nègre pourri, retourne dans ton pays avant de recevoir une balle dans la tête", "je vais m'occuper de toi et ta famille", "résidu de fausse couche", "député hominoïde", peut-on lire entre autres, sur ces courriers, dactylographiés ou écrits de plusieurs mains différentes.
"Depuis son élection, M. Carlos Bilongo est régulièrement la cible de propos injurieux et haineux à caractère indiscutablement raciste en raison de ses origines congolaises et angolaises et de la couleur noire de sa peau", soulignent les avocats dans leur plainte, dénonçant un "harcèlement généralisé".
M. Bilongo avait déjà dénoncé des attaques racistes, notamment après un incident dans l'hémicycle, en 2022, lorsque Grégoire de Fournas, alors député Rassemblement national, avait lancé "qu'il retourne en Afrique".
En janvier, son dépôt de plainte contre notamment la chaîne Cnews, accusée d'avoir tronqué et falsifié certains de ses propos "à des fins d'instrumentalisation grossière", s'est accompagné d'une nouvelle "vague de haine raciste" en ligne, ont noté ses avocats, puis la réception des lettres anonymes.
"La classe politique, tous partis confondus, doit condamner ces propos racistes et négrophobes", a déclaré à l'AFP Carlos Martens Bilongo, qui compte rendre publics ces courriers sur ses réseaux pour que "tout le monde puisse les voir". "Je ne peux pas rester silencieux", ajoute-t-il, dénonçant la responsabilité de la chaîne CNews, du JDD et de Radio Courtoisie dans les vagues de haine à son encontre.
D'autres élus, la ministre Naïma Moutchou, la vice-présidente de l'Assemblée Nadège Abomangoli ou le député Aly Diouara, ont engagé ces derniers mois des procédures judiciaires après avoir été victimes d'injures ou de harcèlement racistes.

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