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Le Danemark se prépare à élire un nouveau Parlement, l'ombre de Trump plane
information fournie par Reuters 23/03/2026 à 13:08

Affiches électorales à Copenhague

Affiches électorales à Copenhague

par Stine Jacobsen

Les sociaux-démocrates de la Première ministre danoise Mette Frederiksen risquent d'enregistrer ‌leur plus mauvais résultat depuis plus d'un siècle lors des élections législatives de mardi, mais la dirigeante devrait rester au pouvoir à l'issue d'un scrutin marqué par les velléités ​de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland.

Les multiples déclarations du président américain en faveur d'une annexion de l'île arctique, territoire danois semi-autonome, ont imposé une dimension géopolitique inhabituelle à la campagne électorale, alors même que les électeurs restent principalement préoccupés par des sujets tels que la protection sociale, les inégalités et le coût de la ​vie.

Selon les sondages, Mette Frederiksen a bénéficié d'un léger regain de popularité en début d'année à mesure que la rhétorique de Donald Trump au sujet du Groenland s'intensifiait, en particulier après que le locataire de la Maison blanche ​a refusé d'exclure la possibilité de recourir à la force militaire.

Mais la question du ⁠Groenland a pris depuis une tournure diplomatique moins houleuse et les débats sur le coût de la vie, sur la proposition de la Première ministre d'instaurer ‌un impôt sur la fortune ou encore sur la politique d'immigration, ont fini par l'éclipser.

Mette Frederiksen, qui dirige le Danemark depuis 2019, brigue un troisième mandat bien que son gouvernement de coalition, le premier à avoir dépassé le clivage gauche-droite en plus de 40 ans, soit ​en passe de perdre la majorité au Parlement.

La Première ministre ‌a elle-même clairement indiqué qu'elle considérait cette élection comme un test de leadership aussi bien que politique, se présentant comme ⁠une valeur sûre en cette période de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que face aux pressions exercées par Donald Trump.

"Dans une large mesure, cette élection concerne Mette Frederiksen", a déclaré Hans Engell, analyste politique, ajoutant que si une partie des électeurs la considèrent comme la personne idéale en période de crise, d'autres la jugent trop autoritaire.

RASMUSSEN ⁠EN FAISEUR DE ROI ?

Son parti Social-démocratie, ‌dont les réformes strictes en matière d'asile ont éloigné certains des soutiens traditionnels de gauche, a regagné du terrain dans les sondages ⁠depuis la crise du Groenland, passant d'un point bas de 17% en décembre à environ 21% par la suite.

Mais le bloc de centre-gauche devrait tout de même rester en ‌deçà des 90 sièges nécessaires pour obtenir la majorité au Folketing, le Parlement danois, qui en compte 179. Selon les projections, il obtiendrait 85 sièges ⁠environ.

Avec des alliés de gauche qui devraient tenir bon et un bloc de droite fracturé, Mette Frederiksen reste cependant ⁠la favorite pour former le prochain gouvernement, ‌alors que les partis se repositionnent selon des lignes politiques plus traditionnelles.

"Tout semble indiquer un coude à coude entre les blocs rouge et bleu", a déclaré Hans Engell. "Mais ma ​prédiction immédiate est que Mette Frederiksen deviendra Première ministre, car le soutien dont elle bénéficie ‌sera plus stable."

Parmi les principaux enjeux de la campagne figure la proposition de Mette Frederiksen de réintroduire un impôt sur la fortune pour financer des investissements dans l'éducation et la protection sociale, une mesure ​visant à signaler un virage à gauche que les détracteurs de la dirigeante, parmi lesquels le chef de l'Alliance libérale Alex Vanopslagh, ont qualifié de "mesquinerie".

Dans le système parlementaire danois, un gouvernement n'a pas besoin de disposer d'une majorité en sa faveur, il lui suffit de ne pas en avoir une contre lui.

Le bloc de droite ⁠est dirigé par le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen, du Parti libéral, mais les suites du scrutin pourraient dépendre de l'ancien Premier ministre Lars Lokke Rasmussen, chef du parti centriste des Modérés et actuel ministre des Affaires étrangères, qui est en position de jouer le rôle de faiseur de roi.

L'alignement de celui-ci avec le bloc de Mette Frederiksen ou avec une coalition de droite est ainsi susceptible de déterminer qui formera le prochain gouvernement.

Au total, 12 partis se présentent aux élections, la multitude de candidats compliquant les projections de coalitions post-électorales. Les quatre sièges attribués aux candidats du Groenland et des Îles Féroé pourraient en outre s'avérer décisifs.

(Reportage Stine Jacobsen et Soren Jeppesen, ​version française Benjamin Mallet, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire

  • 15:05

    plus le pays est petit , plus il y a de partis...


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