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Le chef du Hamas en Egypte pour des négociations sur une nouvelle trêve à Gaza
information fournie par Reuters 20/12/2023 à 18:45

Le chef
du bureau politique du Hamas, basé au Qatar, s'est rendu
mercredi en Egypte afin de prendre part en personne à des
discussions diplomatiques, présentées par une source comme
intenses et destinées à parvenir à une nouvelle trêve à Gaza
pour permettre l'arrivée de davantage d'aide humanitaire et la
libération d'otages supplémentaires.
        Ismaïl Haniyeh, 
    plus haut représentant
     du Hamas depuis le printemps 2017, a pour habitude de
prendre part officiellement à des négociations lorsque celles-ci
semblent proches d'aboutir.
  
        Après son précédent déplacement en Egypte, en novembre,
avait été annoncée l'unique trêve conclue jusqu'à présent entre
Israël et le groupe palestinien depuis l'attaque du 7 octobre
dans le sud de l'Etat hébreu.
  
        Cette pause d'une semaine a permis l'acheminement d'aide
dans l'enclave palestinienne, où le siège de l'armée israélienne
a provoqué une crise humanitaire, et la libération de
prisonniers, dont 110 des 240 otages détenus à Gaza depuis
l'attaque du Hamas début octobre.
  
        Le Djihad islamique, autre groupe palestinien armé allié
au Hamas et qui détient aussi des otages, a fait savoir que son
chef se rendrait sous peu en Egypte pour des discussions visant
à trouver une issue au conflit.
  
        D'après la source au fait des pourparlers, les
différents représentants discutent de l'identité des otages
détenus à Gaza qui pourraient être libérés et des prisonniers
palestiniens détenus par Israël qui pourraient être relâchés en
échange.
  
        Israël insiste pour que les femmes et les hommes en
mauvaise santé figurent dans la liste, a indiqué la source. En
échange, des Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes
pour des crimes graves pourraient être libérés.
  
        Les tractations sont intenses et un accord pourrait être
conclu dans les jours à venir, a-t-elle encore déclaré.
  
        
  
        "DES MORTS EN SURSIS"
  
        Toutefois, publiquement, un gouffre demeure entre les
positions des deux camps. Le Hamas dit vouloir uniquement
négocier un cessez-le-feu permanent, une hypothèse rejetée par
Israël qui affirme être seulement disposé à observer des pauses
humanitaires tant qu'il n'aura pas vaincu le Hamas.
  
        Aux Etats-Unis, principal allié d'Israël, le président
Joe Biden s'est montré pessimiste sur la conclusion imminente
d'un accord pour libérer des otages supplémentaires. "Nous
poussons" en ce sens, a-t-il ajouté devant des journalistes lors
d'un déplacement à Milwaukee dans le Wisconsin.
  
        Un représentant palestinien a indiqué que "la position
du Hamas reste (de vouloir) l'arrêt total de la guerre
israélienne à Gaza". Ismaïl Haniyeh se trouve en Egypte "pour
savoir si Israël a fait de nouvelles propositions ou si Le Caire
en a aussi. Il est trop tôt pour évoquer des attentes", a-t-il
ajouté.
  
        Dans des commentaires laissant penser qu'une éventuelle
nouvelle trêve serait de courte durée, le Premier ministre
israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé que la guerre prendrait
fin seulement lorsqu'Israël aurait atteint son objectif
d'éradiquer le Hamas, libéré tous les otages et fait en sorte
que Gaza ne représente plus une menace.
  
        "Quiconque pense que nous allons nous arrêter est
détaché de la réalité", a-t-il dit dans un communiqué. "Tous les
terroristes du Hamas, du premier jusqu'au dernier, sont des
morts en sursis."
  
        Le gouvernement Netanyahu est toutefois confronté à de
fortes pressions en Israël pour conclure un nouvel accord sur la
libération des otages encore aux mains du Hamas, d'autant plus
depuis que Tsahal a reconnu en avoir tué trois par erreur. Les
autorités israéliennes pensent que 129 otages sont encore
détenus à Gaza mais que 21 d'entre eux pourraient être morts en
captivité.
  
        
  
        TRACTATIONS À L'ONU
  
        Israël subit également les pressions croissantes de ses
alliés pour limiter l'ampleur de son assaut, qui a ravagé la
bande de Gaza, territoire étroit, majoritairement urbain et
densément peuplé avec quelque 2,3 millions d'habitants.
  
        Les Etats-Unis ont appelé publiquement ces derniers
jours l'Etat hébreu à mener une campagne plus ciblée et mettre
un terme à ce que Joe Biden a qualifié de "bombardements
aveugles".
  
        Les opérations militaires aériennes et terrestres
lancées par Israël en représailles à l'attaque du 7 octobre, qui
a fait 1.200 morts dans des localités du sud d'Israël, ont coûté
la vie à environ 20.000 Palestiniens, selon les autorités
gazaouies.
  
        Au Conseil de sécurité des Nations unies, où Washington
a déjà utilisé son droit de veto à deux reprises pour bloquer
des résolutions réclamant un cessez-le-feu à Gaza, le vote d'un
nouveau texte présenté par les Emirats arabes unis, initialement
prévu lundi, a été reporté à plusieurs reprises dans l'espoir de
parvenir à un compromis.
  
        Depuis la fin de la trêve le 1er décembre, la guerre est
entrée dans une nouvelle phase encore plus intense et les
opérations terrestres de l'armée israélienne, jusque-là
confinées au nord de l'enclave, se sont étendues à toute la
bande de Gaza.
  
        "Toute la nuit, les bombardements n'ont pas cessé. Ils
se concentrent maintenant sur Khan Younès", a témoigné Samir
Ali, 45 ans, père de cinq enfants habitant le nord de la bande
de Gaza, venu trouver refuge dans la ville du sud de l'enclave.
"Les gens doivent faire face à deux guerres en permanence : les
bombes et la faim."
  
        Alors que l'armée israélienne a revendiqué le mois
dernier avoir pris le contrôle de l'essentiel du nord de la
bande de Gaza, les affrontements y sont encore plus intenses.
Des avions israéliens ont pilonné la zone à l'aube.
  
        Israël assure faire son possible pour protéger les
civils.
  
        Des ONG internationales ont alerté sur la catastrophe
humanitaire dans la bande de Gaza, où 90% de la population a été
déplacée par les bombardements israéliens et manque de
nourriture, eau propre, électricité et soins médicaux.
  

 (Reportage Nidal al-Mughrabi, Bassam Masoud et Dan Williams;
version française Tangi Salaün, Jean-Stéphane Brosse et Jean
Terzian, édité par Blandine Hénault)

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