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Le chef de la diplomatie française au Proche et au Moyen-Orient
information fournie par AFP 05/02/2026 à 04:29

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot prend part à une conférence de presse, le 15 janvier 2026 à Riga ( AFP / Gints Ivuskans )

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot prend part à une conférence de presse, le 15 janvier 2026 à Riga ( AFP / Gints Ivuskans )

Le chef de la diplomatie française entame jeudi une tournée régionale au Proche et Moyen-Orient au moment où la France doit repenser la lutte antijihadiste et redoute un conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.

Jean-Noël Barrot est attendu jeudi matin en Syrie puis se rendra dans l'après-midi en Irak, avant d'être vendredi après-midi et samedi au Liban, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères.

"Cette tournée vient de la conjonction de deux crises" : celle qui a eu lieu tout récemment dans le nord-est syrien, avec des affrontements entre les autorités syriennes de Damas et les forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes, et la menace toujours présente d'une escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran", a expliqué cette source.

A Damas, le ministre français rencontrera son homologue Assaad al-Chibani avec lequel il abordera la manière d'empêcher la résurgence de Daech (l'acronyme arabe du groupe Etat islamique), à quelques jours d'une réunion de la coalition occidentale anti-EI lundi à Riyad, en Arabie Saoudite.

Jusqu'à présent, les FDS étaient le principal partenaire opérationnel sur le terrain de cette coalition.

Le président Emmanuel Macron (gauche) et son homologue syrien Ahmad al-Chareh se saluent après une conférence de presse, le 7 mai 2025 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le président Emmanuel Macron (gauche) et son homologue syrien Ahmad al-Chareh se saluent après une conférence de presse, le 7 mai 2025 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Désormais, les Occidentaux doivent composer avec les autorités syriennes avec lesquelles "il n'y a pas le même historique, il n'y a pas les mêmes réflexes acquis ensemble, il n'y a pas les mêmes liens de confiance", a poursuivi la source diplomatique, faisant allusion au passé d'ancien jihadiste du président Ahmad al-Chareh.

Ce dernier, qui a renversé en décembre 2024 le dictateur Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble de la Syrie.

"Il y a toute une architecture contre-terroriste qui est à réinventer dans le nord-est syrien", a insisté la source diplomatique, même si les FDS resteront intégrées à l'Etat syrien.

Ce sujet sera aussi abordé jeudi après-midi avec les autorités irakiennes et jeudi soir avec les autorités régionales kurdes irakiennes "puisque Daech est également une menace syro-irakienne".

Paris martèle que la stabilité de la Syrie est un facteur incontournable de la sécurité régionale.

- Contenir les alliés de l'Iran -

La question de l'intégration des minorités au nouveau paysage politique sera également au cœur des discussions.

La France se pose en garant de la préservation des droits des Kurdes. Elle entend ainsi veiller au respect de l'accord signé la semaine dernière, visant à faire entrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.

Vue aérienne de véhicules des forces du gouvernement syrien entrant dans la ville à majorité kurde de Qamichli (Syrie), le 3 février 2026 ( AFP / Bakr ALKASEM )

Vue aérienne de véhicules des forces du gouvernement syrien entrant dans la ville à majorité kurde de Qamichli (Syrie), le 3 février 2026 ( AFP / Bakr ALKASEM )

Cet accord a néanmoins anéanti les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé ce pays entre 2011 et 2024.

"Cet accord est un développement positif (après les affrontements, NDLR) mais il y a un certain nombre de défis de mise en œuvre", reconnaît-on à Paris. "Ce sont des acteurs qui viennent de s'affronter, la confiance entre eux n'est donc pas très élevée", observe-t-on, "avec, dans les deux camps, des radicaux qui peuvent faire échouer le processus".

En Irak et au Liban, Jean-Noël Barrot apportera en outre "une forme de réassurance" à des pays qui comptent sur leur sol des groupes alliés à l'Iran: les milices chiites et le mouvement Hezbollah.

"Ces pays sont susceptibles d'être entraînés dans une escalade, le Liban l'a déjà été en 2024, l'Irak jusqu'ici a réussi à éviter cet engrenage néfaste, mais il faut qu'on puisse évoquer avec ces deux pays, avec leurs dirigeants, le défi que représente cette crise autour de l'Iran", a encore dit la source diplomatique.

A Beyrouth, il sera ainsi question de la poursuite du désarmement du Hezbollah prévu dans l'accord de cessez-le-feu de fin 2024 conclu entre Israël et le mouvement pro-iranien.

Le ministre français évoquera la préparation de la conférence de soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, prévue pour le 5 mars à Paris, dont l'objectif est d'apporter aide financière et équipements pour les renforcer précisément dans leur mission de désarmement du mouvement.

Dans la capitale libanaise, Jean-Noël Barrot rencontrera tour à tour le président, le Premier ministre, le président du Parlement ainsi que le chef d'état-major de l'armée libanaise.

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