(Actualisé avec Macron)
PARIS, 19 avril (Reuters) - Laurent Berger quittera le 21 juin son poste de secrétaire général de la CFDT, premier syndicat de France, un choix qui n'est pas "dicté par l'actualité", annonce le dirigeant syndical mercredi dans Le Monde après trois mois de contestation sociale contre la réforme des retraites.
Après plus de dix ans à la tête de la CFDT, Laurent Berger ajoute que son syndicat a choisi sa numéro deux, Marylise Léon, pour lui succéder.
"Il s'agit d'une décision mûrement réfléchie, arrêtée dès la fin 2021, après discussion avec mes collègues de la commission exécutive", déclare Laurent Berger dans cet entretien au Monde. "Ce n'est ni un coup de tête ni un choix dicté par l'actualité. Je souhaite tout simplement respecter des règles collectives et une forme d'éthique personnelle, liées au fonctionnement démocratique de la CFDT."
Le secrétaire général de la CFDT considère que l'annonce de son départ ne va pas affaiblir le mouvement social en cours contre la réforme des retraites, promulguée vendredi par le président Emmanuel Macron, avant une nouvelle journée de manifestations nationales le 1er mai à l'appel des syndicats, unis depuis janvier dans leur refus du report à 64 ans de l'âge légal de départ à la retraite.
"J'ai conscience que c'est une période particulière. Mais qui vous dit que ça ne sera pas la même chose en octobre? Ou en juin?", interroge-t-il. "Je ne suis pas indispensable à la CFDT."
Lors d'une visite en Alsace, Emmanuel Macron a rendu hommage au leader syndical avec qui les relations ont parfois été tendues.
"Là, il y a un désaccord sur les retraites (... ) C'est quelqu'un, sous différentes conditions, avec qui j'ai toujours très bien travaillé, ce n'est pas un désaccord sur un sujet qui vaut pour toute une relation", a dit le président devant la presse lors de la visite d'une usine à Muttersholtz (Bas-Rhin).
"C'est quelqu'un pour qui j'ai du respect, oserais-je dire de l'amitié, avec qui j'ai eu des discussions, (...) qui joue un rôle important dans un grand syndicat français", a-t-il ajouté.
Lors du compte-rendu du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a salué en Laurent Berger un "partenaire sérieux, exigeant, parfois coriace".
L'annonce de son départ intervient quelques semaines après le remplacement de son homologue Philippe Martinez à la tête de la CGT par Sophie Binet.
(Reportage Bertrand Boucey à Paris et Elizabeth Pineau à Muttersholtz, édité par Tangi Salaün)

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