( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
Plus de 400 salariés et ex-salariés du géant laitier Lactalis, qui accusaient leur employeur d'avoir indûment minoré leurs primes de participation à la faveur d'un montage financier, ont renoncé jeudi à leur action en justice, a-t-on appris auprès d'un de leurs avocats.
Regroupés en association, ces plaignants entendaient citer à comparaître le patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, pour "présentation ou publication de comptes infidèles", ainsi que deux commissaires aux comptes présentés comme "complices".
Mais les avocats représentant les salariés et ex-salariés ont annoncé jeudi lors d'une audience de consignation au tribunal de Laval qu'ils renonçaient à leurs poursuites, a indiqué à l'AFP Me Renaud Portejoie, sans préciser les motivations de ce désistement.
La procédure pénale de citation directe devant un tribunal était à l'initiative des plaignants eux-mêmes, regroupés au sein de l'association "Justice pour nos primes". Elle ne signifie pas que la justice considérait a priori les faits dénoncés comme litigieux.
Le groupe Lactalis avait non seulement rejeté ces accusations de primes minorées, mais avait aussi affirmé que l'association n'était pas fondée à exercer une "action de groupe".
Les plaignants estimaient que leur employeur, qui a réglé 475 millions d'euros en 2024 à l'administration fiscale pour "clore un différend" sur un montage financier via la Belgique et le Luxembourg, avait minoré son bénéfice imposable pendant plusieurs années via ces artifices comptables. Selon ce raisonnement, Lactalis aurait ainsi mécaniquement amputé les primes de participation versées à ses collaborateurs puisque ces primes sont calculées sur la base des bénéfices.
Si le litige purement fiscal est soldé, le groupe laitier est visé par une enquête du Parquet national financier (PNF) pour fraude fiscale aggravée et blanchiment portant sur ces suspicions de minoration de son bénéfice.
Les sièges de plusieurs sociétés du géant mondial ont été perquisitionnés début 2024, le siège du groupe à Laval ainsi que ses bureaux parisiens et l'hôtel particulier d'Emmanuel Besnier à Paris.
Ancienne fabrique familiale fondée en 1933 en Mayenne, Lactalis s'est transformée au gré d'acquisitions successives en empire international des produits laitiers, détenant une kyrielle de marques incontournables des supermarchés comme Président, Lactel ou Bridel.
Le groupe a dépassé pour la première fois en 2024 les 30 milliards d'euros de ventes.
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