La dernière version du missile balistique intercontinental français, capable d'embarquer des charges nucléaires, a été testée avec succès sous l'oeil d'Emmanuel Macron.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à Moscou, le 3 juin 2026 ( POOL / RAMIL SITDIKOV )
Au lendemain des grandes manoeuvres de l'armée française au large du Finistère, le Kremlin a réagi au tir du missile M51.3, nouveau fer de lance ultime de la dissuasion nucléaire tricolore, dénonçant au passage la "militarisation" de l'Union européenne.
Développé par ArianeGroup, le missile balistique a été tiré dépourvu de sa charge au large de la Bretagne, pour finir son vol 4700 kilomètres à l'ouest de sa zone de tir, dans l'océan Atlantique.
"C'est un message fort et clair (...) L'Europe est obsédée par l'idée de la militarisation", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, estimant que l'UE "cherche à transformer ce bloc économique en un bloc militaro-politique". Il a estimé que l'UE "fonde son identité en matière de défense et de sécurité sur la confrontation avec la Russie", qualifiant cette politique de "voie sans issue". "Face à de telles actions agressives et à de tels projets, la Russie reste vigilante" et "prend toutes les mesures nécessaires pour garantir sa sécurité", a-t-il ajouté, tout en affirmant que Moscou reste "ouvert au dialogue".
"Nous estimons que tout problème doit être résolu non pas par des tirs de missiles à caractère démonstratif, mais par le dialogue", a assuré M. Peskov.
Une garantie de la "pérennité" de la dissuasion française
Emmanuel Macron a assisté mardi matin à un premier tir d'exercice du missile mer-sol balistique stratégique M51.3, à capacité nucléaire, lancé depuis le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Vigilant, au large du Finistère.
Le chef de l'Etat a salué ce test réussi, qui constitue "une nouvelle démonstration de la crédibilité" de la dissuasion nucléaire française, "dont la pérennité est assurée". "Pour être libre, il faut être craint. Et pour être craint, il faut être puissant", a t-il encore fait valoir au sujet du rôle de la dissuasion dans la défense des intérêts français.
Cet essai intervient dans un contexte de plus en plus tendu en Europe, où plusieurs pays imputent à Moscou une série d'attaques "hybrides". Le président russe Vladimir Poutine a répété la semaine dernière que son pays n'a "pas l'intention d'attaquer qui que ce soit". Il a cependant averti que la Russie se défendrait en cas d'attaque des pays de l'Otan sur son sol avec "tous les types d'armes" à sa disposition.
4 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer