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La marche en hommage à Quentin Deranque autorisée, le RN s'en écarte, LFI craint une "démonstration fasciste"
information fournie par Reuters 20/02/2026 à 13:10

(Actualisé avec Bardella, Bompard, volet judiciaire)

Les autorités françaises n'entendent pas interdire la marche prévue samedi à Lyon en hommage au militant identitaire Quentin Deranque, mort après avoir été frappé le 12 février par des militants antifascistes présumés, mais la "sécuriser" pour s'assurer qu'elle n'engendre pas de violences, a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Plusieurs responsables politiques locaux, dont le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ont demandé l'interdiction de la manifestation, craignant que l'atmosphère de tension dans la ville et l'afflux de militants nationalistes et d'ultra-droite venant potentiellement de plusieurs pays européens ne génèrent de nouveaux affrontements.

Interrogé sur RTL, Laurent Nuñez a déclaré qu'après s'être entretenu avec la préfète du Rhône, il avait jugé possible d'"encadrer" la manifestation pour s'assurer de son bon déroulement.

"Je suis le garant de l'ordre public et je protège aussi la liberté d'expression", a déclaré le ministre. "Je ne demande pas l'interdiction de cette manifestation (...). Donc le cortège sera encadré par les forces de l'ordre, qui rayonneront évidemment à la périphérie de ce cortège pour éviter tout trouble à l'ordre public et toutes les provocations."

Refusant d'en dire davantage sur le dispositif policier, sinon qu'il sera "extrêmement important", Laurent Nuñez a dit s'attendre à la présence de "deux à trois mille personnes" dans le cortège.

Plusieurs groupes d'extrême gauche et antifascistes ont appelé à se mobiliser contre la présence de ces militants nationalistes dans les rues de Lyon.

Le président du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella, a de son côté écrit aux élus du parti d'extrême droite pour leur demander de ne pas participer aux rassemblements et marches prévus à Lyon et dans d'autres villes, soulignant que "la famille et les proches de Quentin ne sont à l'initiative d'aucun d'entre eux".

UNE MARCHE "FASCISTE", POUR LFI

"La volonté de confrontation de l'extrême gauche avec ces rassemblements semble intacte. Certains organisateurs, indéniablement liés à l'ultra-droite et que nous refusons de côtoyer par cohérence avec notre ligne réaffirmée cette semaine, recherchent également l'affrontement", dit Jordan Bardella dans cette lettre communiquée à Reuters par le RN.

De source au sein du parti de Marine Le Pen, on précise que "ça a toujours été la ligne du RN de ne pas se rendre aux manifestations et marches, hormis quand nous en sommes les organisateurs". "C'est une question de sécurité de nos élus", ajoute-t-on.

"Le Rassemblement national n’a aucun lien de près ou de loin avec des groupuscules d’ultra-droite", a affirmé vendredi Jordan Bardella vendredi en marge d'un déplacement en Normandie.

Pour Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, la marche de samedi constitue une "menace pour les habitants" et devrait être interdite.

"La marche prévue samedi à Lyon est loin d’être seulement un hommage à la victime. Elle est prévue pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues", écrit-il sur X. "Plus de 1.000 néonazis de toute l’Europe sont annoncés dans une volonté de vengeance mortifère."

Sept personnes ont été mises en examen jeudi pour la mort de Quentin Deranque, décédé le 14 février deux jours après avoir été frappé à terre en marge d'une manifestation contre la venue à Sciences-Po Lyon de la députée LFI Rima Hassan.

Six suspects ont été mis en examen pour "homicide volontaire", "violences aggravées" et "association de malfaiteurs" et placés en détention provisoire, précise le parquet de Lyon dans un communiqué.

Le septième suspect a été mis en examen pour "complicité d'homicide volontaire" et les deux autres chefs. Il a été placé sous contrôle judiciaire et se voit interdire de participer à des manifestations. Une mesure d'éloignement du territoire de la ville de Lyon a été prise à son encontre, peut-on lire.

Selon plusieurs médias, il s'agirait de Jacques-Elie Favrot, ex-collaborateur du député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault.

(Rédigé par Tangi Salaün et Sophie Louet, avec la contribution d'Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)

3 commentaires

  • 20 février 16:35

    Amusant comme Bardella nie que son parti ait des liens avec les groupes d'ultra-droite alors qu'ils en ont toujours été très proches et en ont employés d'ex-membres non-repentis comme dûment répertorié par le Canard Enchainé depuis des dizaines d'années.


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