Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau lors d'une conférence de presse le 24 mars 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )
La France devrait "éviter la récession" d'ici 2028, malgré les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient, estime le gouverneur de la Banque de France dans sa dernière lettre annuelle au président de la République, où il glisse ses voeux pour l'avenir de l'économie française.
François Villeroy de Galhau, qui prendra en juin la tête de la fondation Apprentis d'Auteuil, indique que malgré la croissance nulle du premier trimestre, révélée jeudi par l'Insee, et une inflation passée de 1,1% sur un an en février à 2,5% en avril (en données harmonisées européennes), "la France devrait garder une croissance ralentie mais positive, et éviter la récession" jusqu'en 2028 inclus.
L'inflation, "après une poussée" en 2026, reviendrait ensuite sous 2%.
Cependant, alors que la Banque de France a publié en mars trois scénarios économiques selon la durée de la guerre, M. Villeroy de Galhau souligne "l'imprévisibilité sur la durée et l'ampleur du choc", et juge désormais "sage de se préparer à chacun des trois scénarios".
Au pire, la croissance serait de 0,3% cette année, et l'inflation (en données harmonisées européennes) de 3,3% en moyenne sur l'année.
Il insiste pour que d'éventuelles mesures d'aides liées à la hausse du carburant soient "temporaires et extrêmement ciblées" sur ceux qui en ont besoin.
Mais "notre perspective économique ne peut se limiter à aller de crise en crise", écrit-il dans cette lettre qui est un peu son testament de gouverneur.
Il y étudie de manière inédite la performance de l'économie française depuis quinze ans, observant que la croissance annuelle a été en moyenne de 1,1%, "proche de la moyenne de la zone euro" (1,2%), elle-même "en retrait significatif par rapport aux Etats-Unis" (2,3%).
Malgré "de mauvaises finances publiques", dont il insiste sur la nécessité de les redresser, M. Villeroy de Galhau souligne les atouts français, notamment "de bonnes finances privées", celles des entreprises et des ménages.
Il pense que la France pourrait porter en moins de dix ans sa croissance potentielle de 1% actuellement à 1,5%, au bénéfice de l'emploi, du pouvoir d'achat et des finances publiques: "Encore faut-il que nous sachions dépasser (...) les multiples polémiques franco-françaises de l’instant".
Il invite "le débat collectif" à "regarder davantage nos voisins, étayer mieux les diagnostics, et à en déduire des caps de moyen terme poursuivis avec persévérance. Puisse cette Lettre y contribuer", espère-t-il.

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