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La Française soupçonnée d'avoir abandonné ses enfants au Portugal bientôt présentée à un juge
information fournie par AFP 22/05/2026 à 13:11

Vue de l'entrée du tribunal de Setubal, au Portugal, le 22 mai 2026 ( AFP / FILIPE AMORIM )

Vue de l'entrée du tribunal de Setubal, au Portugal, le 22 mai 2026 ( AFP / FILIPE AMORIM )

Une Française et son compagnon, soupçonnés d'avoir abandonné au bord d'une route au Portugal les deux enfants de la femme, doivent être prochainement entendus par un juge portugais, tandis que les garçonnets de 4 et 5 ans ont été placés en famille d'accueil avant leur rapatriement.

La femme de 41 ans et l'homme de 55 ans pourraient être présentés vendredi après-midi ou samedi au juge d'instruction du tribunal de Setubal, au sud de Lisbonne, non loin de là où les enfants ont été retrouvés mardi soir, en pleurs, par un automobiliste.

A l'issue de cette audition, le magistrat pourra éventuellement décider de les placer en détention provisoire.

Entre-temps, la justice portugaise a ordonné le placement des enfants au sein d'une famille d'accueil. Ils y ont été reçus en quittant l'hôpital où ils avaient été admis en observation et selon lequel ils allaient "bien au plan clinique".

"Il appartiendra aux autorités judiciaires françaises (...) d'engager la procédure de retour des enfants" vers la France, a précisé le tribunal de Setubal dans un communiqué, expliquant que "les enfants résidaient avec leur mère (...), le père disposant d'un droit de visite limité et supervisé".

Le père des enfants avait signalé le 11 mai leur disparition depuis Colmar, dans l'est de la France, et les autorités françaises avaient dit rechercher activement leur mère.

- La mère interpellée à une terrasse -

La mère des enfants a finalement été arrêtée jeudi à Fatima, dans le centre du Portugal, avec son compagnon qui, selon une source proche du dossier en France, serait un ancien gendarme qui a quitté l'institution en 2010.

Selon les autorités portugaises, ils ont passé plusieurs heures à la terrasse d'un café de cette ville célèbre pour son sanctuaire catholique, éveillant les soupçons d'une habitante qui a donné l'alerte.

Le couple, qui semble n'avoir aucun lien avec le Portugal, risque d'être accusé de faits de maltraitance, de mise en danger et d'abandon.

Un responsable de la gendarmerie portugaise a précisé par ailleurs qu'ils faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la France, qui sera ultérieurement soumis à l'appréciation de la justice portugaise.

"Ce qui importe c'est que les enfants vont bien, que les présumés auteurs de ces crimes très graves, des crimes commis contre des enfants absolument vulnérables, sont identifiés et sous le coup de la justice", a commenté le ministre portugais de l'Intérieur Luis Neves.

Les deux frères ont été retrouvés mardi soir sur la route nationale 253 reliant la ville d'Alcacer do Sal à la station balnéaire de Comporta, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne.

- "Aucun signalement" à Colmar -

L'automobiliste qui les a repérés, assis au bord de la route, les a aussitôt emmenés auprès de sa famille, où ils ont été accueillis avant d'être pris en charge par les services de santé.

Selon le récit livré à l'AFP par la mère de ce boulanger, les enfants ont pu raconter à une autre personne parlant français et appelée à la rescousse que leur mère avait "disparu" après leur avoir bandé les yeux en leur faisant croire qu'il s'agissait d'un jeu.

"Sur eux, ils avaient une orange, une poire, chacun une bouteille d'eau... On n'a pas vu de traces de mauvais traitements. Peut-être que la mère a laissé tout cela pour que ses enfants puissent se débrouiller au moins pendant une journée", a témoigné cette femme de 76 ans.

En France, le maire de Colmar a indiqué vendredi que la mère des enfants s'était installée dans cette commune du Haut-Rhin "de manière assez récente" et qu'elle travaillait "dans le milieu hospitalier".

"Il n'y avait aucun signalement sur des problèmes sociaux ou de comportement avec les gamins", a déclaré l'élu, Eric Straumann, en ajoutant que "c'était des gens qui ne posaient pas de problèmes".

Ce n'est que lorsque les enfants ne sont pas présentés à l'école la semaine dernière que les services de la mairie ont effectué une alerte en disparition inquiétante, alerte réitérée "lundi dernier".

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