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La décision de l'administration Trump de diffuser en direct une exécution militaire soulève l'indignation
information fournie par AFP 09/10/2026 à 19:18

Photo publiée le 9 avril 2010 par le bureau du shérif du comté de Bell montrant Nidal Hasan après son transfert à la prison du comté de Bell, à Belton, au Texas ( BELL COUNTY SHERIFFS DEPARTMENT / Handout )

Photo publiée le 9 avril 2010 par le bureau du shérif du comté de Bell montrant Nidal Hasan après son transfert à la prison du comté de Bell, à Belton, au Texas ( BELL COUNTY SHERIFFS DEPARTMENT / Handout )

L'indignation monte vendredi aux États-Unis et dans le monde face à la décision du ministre de la Défense, Pete Hegseth, de diffuser en direct la mise à mort par peloton d'exécution militaire du meurtrier de soldats américains.

Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas (sud), où il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé plus de 30 autres, le 5 novembre 2009, un attentat inspiré par l'organisation jihadiste Al-Qaïda.

Diffuser en direct sa mise à mort constituerait une forme de "torture", a réagi vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

"Comme le Haut-Commissaire l'a souligné en réaction aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran, les exécutions publiques constituent une forme de traitement ou de peine cruel, inhumain ou dégradant. La diffusion en direct d'une exécution équivaut à une exécution publique et violerait l'interdiction absolue de la torture", a estimé le Haut-Commissariat.

Des élus démocrates comme républicains ont également condamné ce projet, contraire selon eux aux valeurs américaines.

"C'est un cadeau pour les recruteurs terroristes anti-américains. C'est absolument honteux et porte atteinte aux intérêts et aux valeurs fondamentales de l'Amérique", a écrit sur X le principal élu démocrate à la commission des forces armées du Sénat, Jack Reed.

Le président américain Donald Trump parle lors d'une cérémonie à la Maison Blanche, à Washington, le 9 octobre 2026 ( AFP / Alex WROBLEWSKI )

Le président américain Donald Trump parle lors d'une cérémonie à la Maison Blanche, à Washington, le 9 octobre 2026 ( AFP / Alex WROBLEWSKI )

"Je soutiens totalement la condamnation à mort, mais diffuser des exécutions en direct est ce que font les jihadistes. L'Amérique vaut mieux que ça", a également estimé Austin Scott, élu républicain à la la Chambre des représentants.

Le président républicain Donald Trump, fervent partisan de la peine capitale, a assumé vendredi sa décision approuvant le peloton d'exécution pour Nidal Hasan, qui "le mérite", selon lui, sans s'exprimer sur le caractère public de sa mise à mort.

Cette exécution sera la première effectuée par l'armée américaine depuis 1961, et la première par cette méthode depuis 1945.

"Cycle de violence"

Une responsable de l'organisation de défense des droits humains Amnesty International, Kyinzom Dhongdue, a qualifié de "profondément choquants" les propos de Pete Hegseth, dénonçant "un terrible mépris pour la dignité humaine".

Cette diffusion en direct "ne ferait qu'aggraver la cruauté de la peine de mort et perpétuer le cycle de violence auquel les autorités disent vouloir mettre fin", a affirmé un responsable de la section américaine d'Amnesty, Justin Mazzola.

"Cette annonce s'ajoute à la manifestation de cruauté à laquelle nous venons d'assister lors de la tentative insensée d'exécuter Christa Pike dans le Tennessee" (sud), a-t-il ajouté.

Il faisait référence à l'exécution ratée sans précédent la semaine dernière d'une femme qui a survécu à deux injections létales, relançant le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.

Le président de la Conférence des évêques catholiques américains, l'archevêque Paul Coakley, a qualifié la décision de fusiller publiquement Nidal Hasan de "promotion barbare d'une culture de la mort".

Selon Amnesty International, au moins 17 exécutions publiques ont eu lieu en 2025 dans le monde : 11 en Iran et six en Afghanistan.

Nidal Hasan, psychiatre militaire et Américain musulman d'origine palestinienne, voulait par cet attentat empêcher les soldats de participer aux guerres qu'il jugeait "illégales" menées par les États-Unis en Afghanistan et en Irak. Touché à la colonne vertébrale durant la fusillade, il est depuis handicapé et se déplace en fauteuil roulant.

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth à Sparrows Point, le 6 octobre 2026 dans le Maryland ( AFP / Jim WATSON )

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth à Sparrows Point, le 6 octobre 2026 dans le Maryland ( AFP / Jim WATSON )

Il "sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister, à ce que ce soit public", a affirmé le ministre, Pete Hegseth.

Il s'exprimait dans une interview filmée mercredi, accordée à un influenceur d'extrême droite, à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, relayée jeudi sur les réseaux sociaux officiels du Pentagone.

Il n'a pas précisé quelle chaîne ou plateforme internet serait choisie pour cette diffusion totalement inédite et qui soulève nombre d'interrogations éthiques et juridiques.

L'immense majorité des exécutions dans le pays relève des États, les exécutions fédérales étant rares et celles relevant de la justice militaire désormais exceptionnelles.

L'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC) a recensé 135 exécutions de soldats par l'armée américaine depuis 1916.

5 commentaires

  • 18:31

    Le GI déserteur Eddie Slovik a été fusillé en 1945 à Sainte marie Aux Mines en Alsace en 1945.


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