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La Chine entame sa tournée diplomatique annuelle en Afrique pour développer les routes commerciales stratégiques
information fournie par Reuters 07/01/2026 à 13:26

par Joe Cash

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a entamé mercredi sa tournée annuelle du Nouvel An en Afrique alors que Pékin cherche à développer son accès stratégique au commerce sur le continent en sécurisant les principales voies de navigation et les lignes d'approvisionnement en ressources.

Wang Yi, dans une tournée qui se poursuivra jusqu'au 12 janvier, se rendra en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie, et au Lesotho.

Dans le cadre de son initiative de la Nouvelle route de la soie ("Belt and Road Initiative"), la Chine s'efforce à mettre en avant ses partenaires africains pour élargir ses marchés d'exportation, en particulier dans les économies telles que l'Éthiopie, où le FMI prévoit une croissance de 7,2% cette année.

La Chine, premier bailleur de fonds bilatéral au monde, est confrontée à la concurrence croissante de l'Union européenne pour le financement des infrastructures africaines, les pays touchés recherchant désormais des investissements plutôt que des prêts.

"Le véritable test décisif pour 2026 n'est pas seulement l'arrivée d'investissements chinois, mais l''africanisation' de ces investissements. Lorsque Wang Yi se rendra dans des pays comme l'Éthiopie et la Tanzanie, la conversation devra porter non seulement sur la construction de routes, mais aussi sur la construction d'usines", a observé Judith Mwai, analyste politique à la société de conseil axée sur l'Afrique Development Reimagined.

"Pour les dirigeants africains, cette tournée est l'occasion d'exiger que les projets chinois 'petits mais beaux' ciblent spécifiquement nos lacunes industrielles, en transformant les matières premières africaines en produits finis sur le sol africain, au lieu de simplement faciliter leur sortie", a-t-elle ajouté.

Au début de l'année 2025, Wang Yi s'était rendu en Namibie, au Congo, au Tchad et au Nigeria.

PREMIÈRE MISSION DIPLOMATIQUE EN SOMALIE DEPUIS DES DÉCENNIES

La visite de Wang Yi en Somalie sera la première d'un ministre chinois des Affaires étrangères depuis les années 1980 et intervient alors qu'Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement la République sécessionniste du Somaliland, une région du nord du pays qui s'est déclarée indépendante en 1991.

Pékin, qui a réitéré son soutien à Mogadiscio après l'annonce israélienne en décembre, souhaite renforcer son influence autour du golfe d'Aden, à l'entrée de la mer Rouge, un corridor vital pour le commerce chinois transitant par le canal de Suez.

En Tanzanie, Pékin cherche à s'assurer un accès aux vastes gisements de cuivre du pays. Des entreprises chinoises remettent par ailleurs en état le chemin de fer de Tazara, qui traverse le pays pour rejoindre la Zambie. Largement considéré comme un contrepoids au corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et l'Union européenne, ce chemin de fer relie la Zambie aux ports de l'Atlantique via l'Angola et la République démocratique du Congo.

En se rendant au Lesotho, Wang Yi entend souligner les efforts déployés par Pékin pour se positionner en tant que champion du libre-échange.

L'année dernière, la Chine a offert aux pays les plus pauvres du monde un accès libre de droits de douane à son économie de 19.000 milliards de dollars, conformément à la promesse faite par le président chinois Xi Jinping lors du sommet sur la coopération sino-africaine de 2024.

Le Lesotho, l'une des nations les plus pauvres du monde avec un produit intérieur brut (PIB) d'un peu plus de 2 milliards de dollars, a été l'un des pays les plus durement touchés par les droits de douane du président américain Donald Trump l'année dernière, allant jusqu'à 50%.

(Rédigé par Joe Cash, version française Etienne Breban, édité par Kate Entringer)

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