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La BoJ réunit à Tokyo des banquiers centraux du monde entier sur fond de craintes concernant les droits de douane
information fournie par Reuters 26/05/2025 à 13:36

Des cerisiers en pleine floraison devant le siège de la Banque du Japon à Tokyo

Des cerisiers en pleine floraison devant le siège de la Banque du Japon à Tokyo

par Leika Kihara

La conférence annuelle organisée par la Banque du Japon (BoJ) et son groupe de réflexion IMES, sorte de version japonaise du symposium de Jackson Hole de la Réserve fédérale (Fed)américaine, réunira cette semaine à Tokyo des banquiers centraux du monde entier pour discuter de deux réalités inconfortables : une croissance économique en perte de vitesse et une inflation stagnante.

Des éminents universitaires et banquiers centraux des États-Unis, d'Europe et d'Asie participeront à l'événement, qui s'ouvrira mardi, bien que la plupart des discours soient académiques et fermés aux médias.

La conférence de cette année a pour thème "Les nouveaux défis de la politique monétaire" et se concentre sur la manière dont les banques centrales doivent gérer l'inflation persistante, les risques à la baisse sur l'économie, la volatilité des marchés et l'impact des droits de douane américains.

Ces vents contraires, qui résultent en grande partie des politiques du président américain Donald Trump, créent des incertitudes pour de nombreuses banques centrales, qu'elles augmentent ou réduisent les taux d'intérêt.

La BoJ, par exemple, reste sur la bonne voie pour continuer à augmenter ses taux d'intérêt et à réduire progressivement ses achats d'obligations, ce qui contraste fortement avec ses homologues qui réduisent les coûts d'emprunt, mais les récents développements mondiaux ont soulevé des questions sur le rythme de ces mesures.

"Bien que la BOJ puisse être forcée de rester immobile pendant un certain temps, elle n'a pas besoin d'abandonner complètement les hausses de taux", a déclaré Nobuyasu Atago, ancien responsable de la banque centrale japonaise. "Elle doit simplement communiquer de manière à ce que, lorsque l'environnement semble favorable, elle puisse reprendre les hausses de taux", a-t-il ajouté.

DILEMMES

Si les inquiétudes portent cette année sur le ralentissement économique induit par la guerre commerciale américaine, les thèmes des sessions de la conférence indiquent que les responsables de politique monétaire restent sensibles au risque d'une inflation persistante, sujet très présent à l'ordre du jour de la réunion de 2024.

L'une des sessions portera notamment sur un document publié par le Fonds monétaire international (FMI) en décembre qui explique comment des chocs d'offre importants, tels que ceux provoqués par la pandémie de COVID-19, peuvent conduire à une inflation persistante, et met en garde contre les dangers auxquels sont confrontées les banques centrales en supposant qu'elles peuvent ignorer les pressions exercées par les coûts sur les prix.

Cela pourrait être un message convaincant pour les principales banques centrales, confrontées à un dilemme similaire, désormais exacerbé par la politique commerciale erratique du locataire de la Maison blanche.

Alors que les opérateurs pensaient que la Fed allait bientôt reprendre ses réductions de taux, les responsables de la banque centrale américaine ont mis en garde la semaine dernière contre les risques de voir les droits de douane relancer l'inflation.

La Banque centrale européenne (BCE) devrait à nouveau réduire ses taux en juin, mais les arguments en faveur d'une pause au-delà de cette date se multiplient alors que les défis sur les prix se profilent à l'horizon, d'après les conversations de Reuters avec des responsables de politique monétaire.

Isabel Schnabel, membre du directoire de Francfort et perçue comme partisane d'une politique restrictive, a lancé plus tôt ce mois-ci un appel explicite en faveur d'une pause.

La BOJ est quant à elle aussi confrontée au défi de trouver un équilibre entre les pressions inflationnistes et les risques sur la croissance liés aux surtaxes américaines.

Les surtaxes prévues par Donald Trump ont déjà contraint la banque centrale japonaise à réduire fortement ses prévisions de croissance et a annoncer une pause dans son cycle de hausse des taux.

L'indice des prix à la consommation a atteint 3,5% en avril au Japon, son plus haut niveau depuis plus de deux ans, les prix des denrées alimentaires ayant bondi de 7%, ce qui témoigne de l'impact de la hausse du coût de la vie sur les ménages.

(Leika Kihara ; version française Diana Mandia ; édité par Augustin Turpin)

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