Le gouverneur de la Banque nationale bulgare, Radev, s'exprime lors d'une interview accordée à Reuters à Sofia
par Balazs Koranyi
La Banque centrale européenne (BCE) doit se tenir prête à relever ses taux d'intérêt sans tarder si des signes de pressions persistantes sur les prix apparaissent, a déclaré Dimitar Radev, membre du Conseil des gouverneurs de l'institution monétaire.
La flambée des coûts énergétiques provoquée par la guerre en Iran a déjà fait grimper l'inflation bien au-delà de l'objectif de 2% fixé par la BCE en mars, et les responsables de la BCE se demandent désormais s'il convient de resserrer la politique monétaire pour éviter que cette hausse ne se répercute sur les prix d'autres biens et services.
"Le bilan des risques a évolué dans une direction défavorable", a déclaré Dimitar Radev, également gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie, lors d'un entretien avec Reuters.
"Si le scénario de base reste notre référence, la probabilité d'un scénario plus défavorable a augmenté, notamment au vu du choc énergétique et du niveau élevé d'incertitude", a-t-il souligné, faisant référence aux trois scénarios économiques présentés par la BCE le mois dernier.
Un risque majeur réside dans le fait que les consommateurs et les entreprises pourraient rapidement commencer à exiger des prix et des salaires plus élevés, déclenchant ainsi une spirale inflationniste difficile à freiner.
"L'évolution récente de l'inflation semble avoir accru la réactivité des anticipations, ce qui signifie que la répercussion de nouveaux chocs peut se produire plus rapidement que dans des conditions normales", a averti le banquier central.
Ses commentaires font écho aux mises en garde de nombreux autres responsables de la politique monétaire qui, sans aller jusqu'à réclamer explicitement des hausses des taux d'intérêt, ont déclaré que la BCE devait se tenir prête à agir, y compris la présidente de l'institution, Christine Lagarde.
Pour l'instant, les anticipations d'inflation restent au niveau de l'objectif de la BCE et les effets dits de "deuxième tour" ne se reflètent pas dans les chiffres de l'inflation du mois de mars, qui montrent une hausse des cours de l'énergie mais aussi un ralentissement des pressions sur les prix des services.
Le contexte est toutefois fragile et susceptible de changer rapidement, a déclaré Dimitar Radev.
"Si le choc persiste et commence à affecter les salaires, les marges et les anticipations, le coût de l'inaction augmenterait (...) Dans une telle situation, agir en temps opportun serait la ligne de conduite la plus prudente", a-t-il affirmé.
(Version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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