Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
par Philip Blenkinsop
Les négociateurs de l'Union européenne devaient se mettre d'accord mardi pour supprimer les droits de douane sur les produits américains, afin de se conformer à l'accord commercial conclu avec les États-Unis l'année dernière et d'écarter la menace du président américain Donald Trump d'imposer des droits de douane nettement plus élevés.
Selon les termes de l'accord conclu en juillet dernier au complexe de golf de Trump à Turnberry, en Écosse, l'UE a accepté de supprimer les droits d'importation sur les produits industriels américains et d'accorder un accès préférentiel aux produits agricoles et halieutiques américains. En échange, les États-Unis devaient imposer des droits de douane de 15% sur la plupart des produits de l'UE.
Cependant, près de 10 mois plus tard, le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'organe représentant les gouvernements de l'UE, doivent encore s'accorder sur un texte législatif avant que les réductions de droits de douane de l'UE puissent entrer en vigueur, les principales divergences portant sur les mesures de sauvegarde au cas où Trump renierait l'accord.
Les négociateurs du Parlement et du Conseil se réuniront pour ce qui devrait être un dernier cycle de négociations à partir de 21h. Les législateurs européens participant aux négociations étaient convaincus qu'un accord serait conclu tard mardi ou très tôt mercredi.
DONALD TRUMP A FIXÉ LA DATE LIMITE AU 4 JUILLET
Le président américain a déclaré qu’il imposerait des droits de douane beaucoup plus élevés sur les produits de l’UE, y compris les voitures, si l’Union européenne ne respectait pas ses engagements en matière d’accord commercial d’ici le 4 juillet, après avoir menacé plus tôt de porter les droits de douane sur les importations de voitures de l’UE de 15% à 25%.
Les législateurs européens ont suspendu à deux reprises l'adoption de la législation requise après les menaces de Donald Trump d'imposer de nouveaux droits de douane aux alliés européens qui ne soutenaient pas son projet d'acquisition du Groenland et après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé ses droits de douane mondiaux.
Si un accord est conclu, l'Union européenne devra respecter la date butoir du 4 juillet fixée par Trump, le vote final d'approbation au Parlement européen étant alors prévu pour la mi-juin.
Les législateurs européens souhaitent des garanties plus strictes, notamment une "clause de levée" en vertu de laquelle l'UE ne réduirait les droits de douane que lorsque les États-Unis auraient rempli leur part de l'accord, la possibilité de suspendre l'accord si les États-Unis en violaient les termes, et une "clause de caducité" pour mettre fin aux concessions tarifaires de l'UE le 31 mars 2028.
Les gouvernements de l'UE se sont montrés moins enclins à inclure de telles dispositions, craignant qu'elles ne suscitent l'antipathie de l'administration Trump et ne créent de l'incertitude pour les entreprises de l'UE.
(Philip Blenkinsop; Version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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