L'épouse du président du gouvernement espagnol sera jugée pour trafic d'influence et détournement de fonds, a annoncé jeudi un tribunal madrilène, une décision qui constitue un nouveau revers pour Pedro Sanchez et le Parti socialiste au pouvoir, englués depuis des mois dans des scandales de corruption.
Le procès de Begoña Gomez se tiendra devant un jury populaire, une procédure réservée en Espagne à un nombre limité d’infractions, dont le trafic d’influence. La date de l'audience n'a pas été précisée.
Sa défense avait interjeté appel, demandant à la juridiction de Madrid d'abandonner les chefs d'accusation retenus contre elle, qu'elle nie formellement,
La cour a écarté un troisième chef d’accusation de "corruption en entreprise" à l’encontre de Begoña Gomez et a levé une décision du tribunal de première instance qui lui interdisait de quitter le pays. L’essentiel des poursuites à son encontre a toutefois été maintenu.
Le parquet avait également réclamé le classement sans suite des accusations, qui reposaient sur une plainte déposée par des groupes d’extrême droite arguant que l'épouse du Premier ministre avait utilisé la position de ce dernier à des fins privées, pour obtenir des contrats de travail.
Begoña Gomez est notamment accusée d'avoir été enrôlée par la prestigieuse université Complutense de Madrid comme professeur de management et d'avoir obtenu des financements en faisant valoir la position de son époux.
En vertu du Code pénal espagnol, le trafic d’influence commis par une personne physique est passible d’une peine d’emprisonnement comprise entre six mois et deux ans, tandis que le détournement de fonds peut entraîner jusqu’à huit ans d’emprisonnement s'il est assorti de circonstances aggravantes.
(Rédigé par Emma Pinedo et David Latona; Version française Rihab Latrache, édité par Sophie Louet)

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