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* Les États-Unis suspendent l'approbation d'un contrat d'armement de 14 milliards de dollars destiné à Taïwan
* Trump et Xi se rencontreront à Washington la semaine prochaine
* Le fabricant de drones Anduril vend des armes à Taïwan
* La Chine a sanctionné le fondateur d'Anduril l'année dernière
par Ben Blanchard
Le fondateur de la société américaine de technologie de défense Anduril, Palmer Luckey, a déclaré samedi que le retard pris par le président Donald Trump dans l’approbation des ventes d’armes à Taïwan affectait ses activités et qu’il en avait discuté avec M. Trump.
Ce contrat de 14 milliards de dollars destiné à Taïwan attend depuis des mois l’approbation de Trump. Après un sommet organisé en mai à Pékin avec le président chinois Xi Jinping, Trump avait déclaré qu’il le maintenait en suspens et l’avait qualifié de “très bon atout de transactions”.
La Chine revendique Taïwan, gouverné démocratiquement, comme faisant partie de son territoire, une affirmation que Taipei rejette. La question de Taïwan devrait figurer en bonne place à l’ordre du jour de Xi Jinping lorsqu’il rencontrera Trump à Washington la semaine prochaine.
S'adressant aux journalistes à Taipei, où il participait à un forum sur la défense aux côtés du président taïwanais Lai Ching-te, Luckey a déclaré ne pas connaître l'état d'avancement de ce programme d'armement.
“Cela affecte indéniablement nos activités, dans la mesure où notre collaboration avec Taïwan en serait à un tout autre stade si ces 14 milliards de dollars avaient pu être débloqués”, a-t-il déclaré, refusant toutefois de donner des détails sur les retards subis par l’entreprise.
LES DRONES TRANSFORMENT L'ART DE LA GUERRE
Anduril, dont le drone Altius est utilisé par Taïwan, est devenu l’un des paris les plus prometteurs de la Silicon Valley dans le domaine de la défense, alors que les drones redéfinissent l’art de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient et que Trump pousse le Pentagone à adopter des technologies de pointe pour contrer la Chine.
M. Luckey, que la Chine a sanctionné en décembre pour avoir vendu des armes à Taïwan, a expliqué que l’un des problèmes liés au report de ce contrat résidait dans son impact plus large et à plus long terme. “Le problème, c’est que tant que cela reste bloqué, on ne peut pas continuer à progresser dans d’autres domaines”, a-t-il déclaré.
La Maison Blanche n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire en dehors des heures de bureau.
La Chine a demandé à plusieurs reprises aux États-Unis de cesser de vendre des armes à Taïwan et a sanctionné de nombreuses entreprises américaines qui vendent des armes à l’île. Les États-Unis sont légalement tenus de fournir à Taïwan les moyens de se défendre, bien que Donald Trump ait remis en cause cet engagement.
M. Luckey a indiqué avoir discuté de la question des ventes d’armes à Taïwan avec M. Trump, le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio. Il a précisé que l’administration était disposée à écouter les différents points de vue sur la question, mais qu’elle était consciente des répercussions que pourrait entraîner la vente d’armes supplémentaires à Taïwan, notamment le fait que la Chine utilise son influence en matière de terres rares, indispensables aux entreprises technologiques.
“J’ai donc entendu des gens dire: “Ne devrait-il pas simplement approuver l’accord et faire fi des conséquences?” Mais il est briefé par d’autres personnes que moi, et celles-ci lui disent: “Si vous faites cela, voici ce qui va arriver aux consommateurs américains””, a expliqué Luckey.
“Il doit peser le pour et le contre. Il se trouve dans une situation vraiment très difficile”, a ajouté M. Luckey, en faisant référence à Donald Trump.
Lai, qui a serré la main de Luckey au début du forum, a fait des drones un élément central de la modernisation militaire de Taïwan.
L’année dernière, Taïwan a dévoilé son premier missile fabriqué en collaboration avec une entreprise américaine, le Barracuda-500 d’Anduril, un missile de croisière autonome et à faible coût.

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