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L'armée ukrainienne reprend le contrôle de Kherson
information fournie par Reuters 11/11/2022 à 22:42

 (Ajoute propos de Zelensky, réaction Macron)
    par Jonathan Landay
       BLAHODATNE, Ukraine, 11 novembre (Reuters) - 
    Les forces ukrainiennes sont entrées vendredi dans Kherson,
dans le sud de l'Ukraine, après l'abandon par la Russie de la
seule capitale régionale qu'elle avait capturée depuis son
invasion en février dernier.
  
        Le président ukrainien Volodimir Zelensky a salué un
"jour historique". "Nous sommes en train de reprendre Kherson",
a-t-il dit dans un message vidéo, précisant que des unités
spéciales se trouvaient déjà dans la ville. 
  
        Moscou a annoncé avoir procédé au retrait de 30.000
soldats de la rive occidentale du Dniepr, où se trouve la ville
de Kherson, sans perdre un seul homme. Mais les Ukrainiens ont
dépeint une retraite chaotique, des soldats russes jetant leurs
uniformes et leurs armes, certains se noyant en tentant de fuir.
  
        Des images vidéo authentifiées par Reuters ont montré
des dizaines d'habitants accueillant avec joie les premiers
militaires ukrainiens sur une place centrale de Kherson.
  
        "Gloire à l'Ukraine ! Gloire aux héros ! Gloire à la
nation !" criait un homme.  
  
        Dans un communiqué en russe, le renseignement ukrainien
a déclaré que l'Ukraine avait recouvré le contrôle de Kherson et
ajouté que les soldats russes qui seraient tentés de résister
seraient promis à "la destruction". 
  
        "Vous avez une chance d'éviter la mort : rendez-vous
immédiatement", a déclaré ce département du ministère ukrainien
de la Défense dans un communiqué diffusé sur Telegram.
  
        Dans son message vidéo, Volodimir Zelensky a déclaré que
des mesures de sécurisation de la ville - en particulier des
opérations de déminage - allaient être mises en oeuvre au plus
vite. Les forces ukrainiennes renforcent leurs positions tout le
long du front, a-t-il ajouté sans autres détails. 
  
        "Je salue le retour de Kherson à l'Ukraine, un pas
important vers le rétablissement de ses droits souverains", a
réagi Emmanuel Macron sur son compte Twitter. 
  
        "ILS SONT PARTIS EN SILENCE"
  
        A Blahodatne, un village au nord-ouest de Kherson repris
par les forces ukrainiennes où Reuters a pu se rendre, des
habitants ont déclaré que les troupes russes s'étaient retirées
mercredi sans combattre et que les militaires ukrainiens étaient
arrivés le lendemain. 
  
        "Ils sont partis en silence, ils ne se parlaient même
pas entre eux", a déclaré Serhii Kalko, âgé de 43 ans, l'un des
quelque 60 habitants restés à Blahodatne, qui comptait un
millier d'habitants avant la guerre. 
  
        "Avant, ça tirait tout le temps dans trois directions",
a ajouté Halyna, une femme de 81 ans, en larmes. "Mais ils sont
partis il y a deux nuits."
  
        Une centaine de Russes ont contrôlé le village pendant
huit mois, selon ces villageois qui accusent des soldats russes
d'avoir tué un homme qui s'approchait trop près de leurs
tranchées et d'avoir emmené avec eux deux autres hommes et une
femme, sans qu'on sache ce qui leur est advenu. 
  
        Les occupants ont également pillé des maisons vides,
emportant des meubles, des télévisions, des cuisinières et des
réfrigérateurs, ont ajouté ces habitants. 
  
        La Direction du renseignement ukrainien affirme que les
soldats russes déployés près du Dniepr ont reçu l'ordre
d'abandonner leur uniforme pour des vêtements civils et de se
cacher. 
  
        Un grand nombre de soldats russes se sont noyés dans le
Dniepr en tentant de s'échapper, a déclaré Serhy Khlan, membre
du conseil régional de Kherson. 
  
        Natalia Humeniouk, porte-parole du Commandement Sud de
l'armée ukrainienne, a déclaré que des actes de sabotage par des
soldats russes en civil ne pouvaient être exclus. 
  
        EFFONDREMENT D'UN PONT STRATÉGIQUE
  
        La Russie a annoncé pour sa part vendredi la fin du
retrait de ses troupes, ordonné deux jours plus tôt, de la rive
occidentale du Dniepr à Kherson, où un pont stratégique s'est
effondré selon la télévision nationale.
  
        Lors de son briefing quotidien, le ministère russe de la
Défense a précisé qu'hommes et équipements avaient été
transférés sur la rive gauche (orientale) du Dniepr sans
dommages. Le retrait s'est achevé à 02h00 GMT, a-t-il indiqué.
  
        "Pas une seule pièce d'équipement militaire ou
d'armement n'a été laissée sur la rive droite (occidentale).
Tous les militaires russes ont traversé et atteint la rive
gauche", a-t-il assuré. 
  
        Des blogueurs prorusses ont rapporte jeudi soir que des
militaires russes franchissant le fleuve avaient été la cible de
tirs nourris des forces ukrainiennes. Le ministère russe de la
Défense a déclaré que plusieurs points de franchissement du
Dniepr avaient été visés par des lance-roquettes multiples
américains HIMARS. 
  
        Reuters n'était pas en mesure de vérifier ces
informations de manière indépendante.
  
        Moscou avait ordonné ce retrait mercredi face à la
contre-offensive de l'armée ukrainienne.
  
        L'avancée des forces ukrainiennes a été bien plus rapide
que ne le suggéraient des responsables à Kyiv quelques heures
plus tôt. Le ministre de la Défense Oleksi Reznikov a déclaré
jeudi à Reuters qu'il faudrait au moins une semaine pour que la
Russie se retire de Kherson. 
  
        Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré
vendredi que ce repli ne modifiait pas le statut de la région de
Kherson, annexée avec trois autres régions ukrainiennes par la
Russie en septembre. 
  
        Le pont autoroutier d'Antonivsky (Antonovsky en russe),
principal point de passage sur le Dniepr entre la ville de
Kherson et la rive orientale du fleuve, déjà endommagé, s'est
effondré, a rapporté vendredi la télévision nationale, citant
des habitants de la zone.
    On ignore pour l'heure les causes de l'effondrement du pont
d'Antonivsky.
 (Reportage Jonathan Landay à Blahodatne, Tom Balmforth et Max
Hunder à Kyiv, Guy Faulconbridge à Londres et bureaux de
Reuters, version française Sophie Louet et Jean-Stéphane Brosse)
 

6 commentaires

  • 12 novembre 13:03

    @ paspil. Il n'y a pas d'armées ukrainiennes qui se battent au coté des russes. Ce sont des extrémistes pro-russes financés et équipés par Poutine qui se battent contre l'armée ukrainienne.


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