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L'Allemagne blâme la Russie pour l'attaque avortée contre l'aéroport de Leipzig en août
information fournie par Reuters 01/09/2026 à 23:13
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(Actualisé tout du long avec précisions, commentaires de Poutine, Kremlin, soutiens supplémentaires apportés à l'Allemagne)

par Maria Martinez

Le gouvernement allemand a déclaré mardi avoir conclu que la Russie était responsable de la tentative d'attaque au drone contre l'aéroport de Leipzig/Halle le mois dernier et a ordonné en réponse une série de mesures, dont la fermeture d'un consulat et d'un centre culturel russe dans la capitale Berlin.

Moscou a rejeté les accusations allemandes, le président russe Vladimir Poutine reprochant à Berlin d'avoir fabriqué des preuves afin de pouvoir blâmer la Russie pour cet incident.

Une enquête des services allemands du renseignement indique que des individus impliqués dans l'attaque ont agi pour le compte d'agences gouvernementales russes, a déclaré le ministre allemand de l'Intérieur devant les journalistes.

"Dans leur ensemble, les enquêtes de la police, le schéma des infractions et les conclusions des renseignements établissent la responsabilité de la Russie pour la tentative d'attaque contre l'aéroport de Leipzig", a dit Alexander Dobrindt lors d'une conférence de presse.

Présent à ses côtés, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a déclaré que Berlin ne considérait pas l'attaque comme un incident isolé. "Cela s'inscrit dans un schéma plus large d'opérations hybrides russes en Europe", a-t-il dit.

L'Allemagne a été visée par une série d'incidents ayant poussé les autorités à revoir la manière dont sont protégées les infrastructures essentielles du pays contre ce que des responsables ont décrit comme une menace accrue émanant d'attaques hybrides et de cyberattaques.

Une tentative de sabotage a visé mardi une centrale électrique dans l'Etat de Brandebourg, a déclaré le ministère local de l'Intérieur, rapportant que des engins incendiaires ont endommagé des lignes électriques et n'excluant pas la possibilité qu'une puissance étrangère soit derrière l'attaque.

"L'ALLEMAGNE SE DÉFENDRA"

En réponse à l'attaque survenue à l'aéroport de Leipzig dans la soirée du 4 août, l'Allemagne va prendre une série de mesures, dont la fermeture du consulat général de la Russie à Bonn et la résiliation du contrat de la Maison russe des sciences et de la culture à Berlin, a dit Johann Wadephul.

"L'Allemagne demeure sûre, et elle se défendra contre les adversaires qui cherchent à créer de l'insécurité", a déclaré le chef de la diplomatie allemande. "Nous ne laisserons pas des attaques russes nous diviser ou nous intimider dans notre cohésion sociale".

Un photographe de Reuters a aperçu l'ambassadeur russe en Allemagne entrer au siège du ministère allemand des Affaires étrangères à Berlin, où il a été convoqué mardi.

Réagissant à l'annonce du gouvernement allemand, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que Moscou répondrait en temps voulu à ce qu'elle a décrit comme une "mesure anti-Russie". Maria Zakharova, dont les commentaires ont été relayés par l'agence de presse Interfax, n'a pas élaboré.

S'exprimant devant les journalistes lors d'un sommet régional au Kirghizistan, Vladimir Poutine a demandé où étaient les preuves de l'implication russe. Il a accusé le gouvernement allemand d'avoir "falsifié" des éléments et de chercher ainsi à résoudre des problèmes intérieurs créés par la chute de la popularité du chancelier Friedrich Merz dans l'opinion publique.

L'ambassade de Russie à Berlin avait auparavant rejeté les accusations allemandes, les qualifiant de "provocation fabriquée" et de "nouvelle vague d'hystérie anti-russe".

Cité par l'agence de presse officielle RIA, le porte-parole du Kremlin a déclaré mardi soir qu'"aucune preuve n'a été présentée". "Il est évident que l'Allemagne suit la voie d'une escalade supplémentaire", a ajouté Dmitri Peskov.

Des membres du gouvernement allemand avaient mis en cause le mois dernier des "puissances étrangères" à la suite de la découverte par des employés de l'aéroport de Leipzig, dans une zone à accès restreint, d'un drone chargé de munitions à côté d'un avion-cargo de la compagnie Antonov Airlines.

BERLIN ET PARIS FAVORABLES À DES SANCTIONS SUPPLÉMENTAIRES

Johann Wadephul a déclaré que l'Allemagne et l'Europe dans son ensemble faisaient face à une grave menace représentée par les actions "hybrides" menées par la Russie. "Ces actions ciblent des infrastructures essentielles, des entreprises de défense et le soutien à l'Ukraine", a-t-il dit aux journalistes.

Il a fait savoir que Berlin allait prôner auprès de l'Union européenne l'imposition de sanctions supplémentaires et de nouvelles restrictions de déplacement contre les ressortissants russes. L'Allemagne entend également accentuer la pression contre la "flotte fantôme" de Moscou, a-t-il ajouté.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré qu'elle discuterait mercredi de l'incident de Leipzig avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, lequel a exprimé la "pleine solidarité" de l'alliance avec l'Allemagne. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE vont préparer une réponse commune, a-t-elle dit également.

Emmanuel Macron a déclaré que la France était "pleinement solidaire de l'Allemagne" et soutenait l'adoption de "nouvelles sanctions européennes" contre la Russie. "L'Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août", a écrit le président français sur le réseau social X. "Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent pas rester sans réponse".

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré dans un communiqué que la Grande-Bretagne se tenait au côté de l'Allemagne et que toute tentative russe pour endiguer le soutien à l'Ukraine était "vouée à l'échec".

D'autres dirigeants, dont le Premier ministre polonais Donald Tusk, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, ont exprimé leur soutien à l'Allemagne.

Johann Wadephul a souligné mardi que Berlin continuerait d'apporter à Kyiv "son soutien civil et militaire" et de se montrer solidaire de l'Ukraine dans "sa défense contre la guerre d'agression" livrée par la Russie.

(Maria Martinez et James Mackenzie, avec la contribution d'Alan Charlish, William James, Ronald Popeski, Jan Lopatka, Simon Johnson, Miranda Murray, Fabrizio Bensch et Kirsti Knolle; version française Rihab Latrache et Jean Terzian, édité par Sophie Louet et Benoit Van Overstraeten)

11 commentaires

  • 06:54

    N'oublions pas que l'Allemagne a besoin des allemands pour financer son très très gros programme militaire, l'Allemagne se réarme au maximum


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