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L'administration US sommée de présenter ce jeudi ses plans de licenciements
information fournie par Reuters 13/03/2025 à 11:51

par Nathan Layne

Les agences gouvernementales américaines devaient soumettre jeudi leurs plans pour procéder à une deuxième vague de licenciements massifs et réduire leurs budgets, ce qui devrait préciser l'ampleur du projet de Donald Trump de réduire la taille de l'administration fédérale.

Des ministères tels que le département du Trésor ou celui de la Justice doivent présenter leurs propositions d'économies à la Maison blanche et à l'agence responsable de la fonction publique (Office of Personnel Management), début d'un processus qui pourrait aboutir à des dizaines de milliers de suppressions d'emplois.

Cette nouvelle vague de licenciements s'inscrit dans le projet de refonte en profondeur de l'administration américaine de Donald Trump, une tâche que le président a en grande partie confiée au milliardaire Elon Musk et à son Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE).

Le DOGE a supervisé jusqu'à présent la suppression de plus de 100.000 emplois parmi les 2,3 millions de fonctionnaires fédéraux, ainsi que le gel de l'aide étrangère et l'annulation de milliers de programmes et de contrats. Des dizaines de procès ont été intentés par des syndicats et d'autres parties prenantes pour contester la légalité de ces mesures, avec un succès mitigé.

La perspective de nouvelles suppressions d'emplois intervient alors que les marchés financiers sont déjà ébranlés par les risques économiques que pose la guerre commerciale lancée par Donald Trump à l'échelle mondiale. Le président républicain s'est refusé le week-end dernier à prédire si sa politique de droits de douane élevés pourrait provoquer une récession.

Les Américains sont largement favorables à l'idée de réduire la taille du gouvernement fédéral, 59% des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage Reuters/Ipsos réalisé mercredi ayant déclaré qu'elles soutenaient cet objectif.

Ils se disent toutefois préoccupés par la manière dont Donald Trump s'y prend, avec également 59% des personnes interrogées qui se déclarent opposées au licenciement des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux.

Selon Mark Jones, professeur de sciences politiques à l'université Rice, Donald Trump semble se hâter d'adopter des réformes profondes et douloureuses afin d'utiliser son capital politique avant que sa période d'état de grâce post-électoral ne s'achève.

"L'administration Trump sait qu'elle dispose d'un horizon temporel limité", a-t-il déclaré. "Le risque est qu'elle coupe trop, ou qu'elle ne le fasse pas de manière stratégique, et que cela ait des répercussions négatives sur la capacité du gouvernement fédéral à fonctionner."

Avec Elon Musk à ses côtés, Donald Trump a signé le 11 février un décret ordonnant à toutes les agences d'"entreprendre rapidement des préparatifs en vue de procéder à des réductions de personnel à grande échelle".

Selon un mémo de l'OPM, les plans doivent inclure une "réduction significative" du personnel à temps plein, des économies en matière d'immobilier, un budget réduit et la suppression de fonctions qui ne sont pas légalement obligatoires.

Quelques agences ont fait connaître le nombre d'emplois qu'elles prévoient de supprimer au cours de la deuxième vague de licenciements, notamment le département des Anciens Combattants (80.000) et celui de l'Education (près de la moitié de ses 4.000 employés).

L'Agence d'observation océanique et atmosphérique, qui fournit des prévisions météorologiques, prévoit pour sa part de licencier plus de 1.000 personnes.

Plusieurs agences ont également proposé aux employés des paiements forfaitaires pour prendre volontairement une retraite anticipée, une mesure qui pourrait leur épargner des complications judiciaires liées au processus de licenciement désigné sous le terme de "RIF", que les syndicats ont juré de combattre devant les tribunaux.

Donald Trump et Elon Musk ont fait valoir que le gouvernement était pléthorique et avait tendance à gaspiller l'argent des contribuables. Le DOGE affirme avoir économisé 105 milliards de dollars en éliminant le gaspillage, mais n'a documenté publiquement qu'une fraction de ces économies et son décompte a été entaché d'erreurs et de corrections.

(Reportage de Nathan Layne à New York, version française Benjamin Mallet)

1 commentaire

  • 13 mars 12:09

    Nous c'est 5 millions, un tiers de la population active française..


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