( AFP / CLEMENT MAHOUDEAU )
Le fabricant français de PVC Kem One, qui était lourdement endetté, a annoncé vendredi avoir finalisé sa recapitalisation et l'entrée au capital de nouveaux actionnaires de référence à la place du fonds américain Apollo, aux commandes depuis 2021.
"L'opération, finalisée conformément au calendrier annoncé, apporte 100 millions d'euros de liquidités et réduit de près de 80 % l'endettement de l'entreprise", a annoncé Kem One dans un communiqué. Elle marque l'entrée au capital des fonds Monarch Alternative Capital et Arini, qui "deviennent les actionnaires de référence de l'entreprise".
L'opération, qui a abouti jeudi, "renforce l'assise financière" du groupe, "grâce à un apport de liquidités de 100 millions d'euros et une réduction de 718 millions d'euros de sa dette en date de recapitalisation", a précisé le groupe.
La dette résiduelle "est ainsi ramenée à 162 millions d'euros, dont 143 millions d'euros à échéance 2031 apportés ou garantis par les actionnaires du groupe", a-t-on ajouté de même source.
"L'engagement des partenaires financiers de Kem One" va permettre à l'entreprise de "maintenir les investissements essentiels en matière de sécurité, d'environnement et de fiabilité des actifs, renforcer l'excellence opérationnelle et la qualité de service aux clients, diversifier son mix commercial et poursuivre sa trajectoire de décarbonation", a indiqué le groupe.
L'opération laisse l'organisation opérationnelle "inchangée" et "n'entraîne par ailleurs aucune conséquence sur l'emploi", a assuré le groupe.
La gouvernance de Kem One, elle, "évolue pour refléter sa nouvelle structure actionnariale" : "un conseil réunira ainsi des représentants des nouveaux actionnaires Monarch Alternative Capital et Arini et Vincent Linchet, le CEO de Kem One".
L'opération "renforce durablement notre structure financière et nous donne les moyens de poursuivre nos priorités stratégiques, en nous appuyant sur un outil industriel profondément transformé", a déclaré le directeur général de Kem One, Vincent Linchet, cité dans le communiqué.
"Plus de 550 millions d'euros ont été investis depuis 2022 pour moderniser nos installations : c'est aujourd'hui l'un de nos principaux atouts face à une conjoncture difficile et un marché européen des chlorovinyles sous pression", a ajouté M. Linchet.
En mars dernier, la CGT-Chimie avait écrit une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour l'alerter à propos de l'avenir des quelque 1.300 salariés de Kem One, craignant qu'Apollo cherche à se désengager.
Elle reprochait au propriétaire du groupe chimique un recours massif au LBO ("leveradged buy out", ou rachat par endettement, une opération faisant peser le poids du rachat sur les revenus à venir de l'entreprise) et des "choix purement financiers".
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