L'assurance maladie a transféré quelque 1,5 milliard d'euros de remboursements vers les mutuelles, alors qu'elle doivent payer une taxe additionnelle de solidarité.
( AFP / PHILIPPE HUGUEN )
Les cotisations d'assurance santé complémentaire vontre encore progresser significativement en 2027 -jusqu'à 8,3%-, selon les données lundi 21 septembre de deux experts du secteur, qui pointent la progression régulière des dépenses de santé, les désengagements de l'Assurance maladie et une hausse de taxation.
Selon le cabinet spécialisé Addactis, la hausse médiane des cotisations serait de 8,3% en 2027 pour les contrats individuels (souscrits notamment par les retraités), et de 8% pour les contrats collectifs (souscrits par les salariés via leurs employeurs).
Selon un autre cabinet, Facts and Figures, qui ne s'intéresse qu'aux contrats individuels, la hausse moyenne des cotisations devrait être de 7%.
Cette nouvelle progression s'explique notamment par la hausse continue des dépenses de santé, sous l'effet du vieillissement de la population, a expliqué à l' AFP Cécile Paradis, associée du cabinet Addactis.
Mais elle s'explique aussi par les nouveaux transferts de charge de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé , comme ceux annoncés par le gouvernement cet été concernant les soins dentaires, les médicaments à service médical rendu faible ou modéré, ou des dispositifs médicaux, a-t-elle indiqué.
1,5 milliard de transfert de charge depuis l'Assurance maladie
Du fait de ces transferts, les complémentaires santé devraient ainsi supporter 1,5 milliard d'euros de remboursements supplémentaires l'an prochain, a-t-elle précisé.
Enfin les complémentaires santé doivent financer la hausse de la taxe de solidarité additionnelle payée par les complémentaires santé, qui a été décidée dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026, a-t-elle expliqué. Cette mesure devrait représenter un coût supplémentaire d'un milliard d'euros pour les assureurs santé.
Sur les dernières années, Addactis n’avait jamais anticipé de hausse médiane de ce niveau, à l'exception de 2023, où la hausse médiane annoncée atteignait des niveaux à deux chiffres.
Selon Facts and Figures, la hausse récente des cotisations alimente en tout cas le développement de contrats "à bas coût" , en dehors du contrat "responsable et solidaire" soutenu par l'Etat. Ces offres, qui ne bénéficient pas d'un soutien fiscal de l'État, tendent à se concentrer sur le "risque lourd", l'hospitalisation, voire également sur la couverture des honoraires médicaux, note le cabinet.
Le contrat responsable et solidaire soutenu fiscalement "n'est plus tenable car trop riche et donc trop coûteux pour les assurés", avertit l'expert.
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